mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2400835 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 3 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 avril 2024, M. A C, représenté par Me Khanifar, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 mars 2024 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un certificat de résidence mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 20 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 20 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le refus de titre de séjour en litige est entaché d'erreur manifeste d'appréciation et d'un défaut d'examen de sa situation ;
- il justifie de sa résidence en France depuis quinze ans ;
- l'obligation de quitter le territoire français devra être annulée en conséquence de l'annulation du refus de séjour ;
- les voies et délais de recours indiqués dans la décision en litige sont erronés.
Le préfet n'a pas produit d'observations en défense, mais des pièces, enregistrées le 20 août 2024.
M. C a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bordes, premier conseiller, pour exercer les fonctions de rapporteur public sur le fondement des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Bader-Koza a été entendu au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien, déclare être entré en France le 9 novembre 2003. Par une décision du 9 juin 2010, le préfet de Haute-Corse a rejeté sa demande de titre de séjour et a prononcé à son encontre une première mesure d'éloignement. Par une décision du 26 avril 2013, le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté sa demande de titre de séjour et a prononcé à son encontre une deuxième mesure d'éloignement. Par une décision du 9 septembre 2016, confirmée par le tribunal administratif de Grenoble par jugement du 12 décembre 2016, le préfet de l'Isère a rejeté sa demande de titre de séjour et a prononcé à son encontre une troisième mesure d'éloignement. Par un jugement du 1er février 2022, le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a annulé la décision implicite de rejet née du silence du préfet du Puy-de-Dôme sur la demande de titre de séjour de M. C et a enjoint au préfet de réexaminer cette demande, présentée sur le fondement de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par une décision du 25 mars 2024, le préfet du Puy-de-Dôme a rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, l'absence ou la mention erronée des voies et délais de recours dans une décision administrative, qui a pour seul effet de ne pas faire courir le délai de recours contentieux, reste, par elle-même, sans incidence sur sa légalité. Le moyen invoqué par le requérant est donc en tout état de cause inopérant.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C a été convoqué en préfecture le 30 mars 2022 pour compléter son dossier de demande de titre de séjour. Alors que M. C n'allègue ni ne justifie qu'il aurait eu des éléments supplémentaires à faire parvenir à la préfecture avant l'édiction de la décision en litige, la seule circonstance qu'il n'a pas été de nouveau convoqué à la préfecture depuis le 30 mars 2022 ne saurait révéler un défaut d'examen de sa situation, ni une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / 1) au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant. () ".
5. Pour justifier de sa présence en France depuis plus de dix ans, M. C produit de nombreux documents antérieurs à l'année 2019 mais aucune pièce postérieure, si bien qu'il ne démontre pas, à la date de la décision, soit le 25 mars 2024, avoir une résidence habituelle en France depuis dix ans. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées ci-dessus ne peut qu'être écarté.
6. En dernier lieu, il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à exciper de l'illégalité du refus de certificat de résidence à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision en litige présentées par M. C doivent être rejetées. Le rejet des conclusions à fin d'annulation du requérant entraîne, par voie de conséquence, le rejet de ses conclusions aux fins d'injonction, d'astreinte et de celles présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet du Puy-de-Dôme
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bader-Koza, présidente,
Mme Jaffré, première conseillère,
M. Brun, conseiller.
Rendu public par la mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
La présidente-rapporteure,
S. BADER-KOZA
L'assesseure la plus ancienne,
M. JAFFRÉ
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.JC
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