vendredi 19 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2400853 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 avril 2024, Mme C, représentée par Me Khanifar, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet du Puy-de-Dôme, en date du 10 avril 2024, portant renouvellement de son assignation à résidence ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté n'est pas fondé en droit, seules les dispositions de l'article L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives à la durée de l'assignation étant visées ;
- la décision n'est pas motivée en fait ;
- l'assignation méconnaît les dispositions de l'article L. 733-1 du même code et " caractérise une privation de liberté manifestement illégale ".
Vu les pièces enregistrées le 16 avril 2024 pour le préfet du Puy-de-Dôme.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal administratif de Clermont-Ferrand a désigné Mme Luyckx, première conseillère, pour statuer sur le litige.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 18 avril 2024 à 14h30, en présence de Mme A :
- le rapport de Mme Luyckx, première conseillère,
- les observations de Me Girard qui substitue Me Khanifar pour la requérante, qui fait notamment valoir que le recours contre l'obligation de quitter le territoire français est pendant devant la CAA de Lyon.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante gabonaise, a fait l'objet d'un arrêté portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours en date du 21 juin 2023, et d'un arrêté du 24 février 2024 portant assignation à résidence, confirmés par le tribunal le 8 mars 2024. Elle demande l'annulation de l'arrêté du 10 avril 2024 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme a renouvelé pour quarante-cinq jours l'assignation à résidence dont elle fait l'objet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants :1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ". Aux termes de l'article L. 733-1 : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie. () ".
3. En premier lieu, il ressort de la décision en litige qu'elle vise l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, contrairement à ce que la requérante soutient.
4. En second lieu, la décision rappelle que l'intéressée a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 21 juin 2023 et d'une première assignation à résidence à compter du 24 février 2024, qu'elle est munie de son passeport, qu'il est nécessaire de prévoir l'organisation matérielle de son départ, et qu'elle ne peut quitter immédiatement le territoire français mais que son éloignement demeure une perspective raisonnable. La décision en litige est dès lors suffisamment motivée en fait comme en droit.
5. En troisième lieu, l'obligation qui lui est faite de se présenter aux services de police tous les jours à 10h00 ne méconnaît pas les dispositions de l'article L. 733-1 précitées. Il n'est en outre pas établi en quoi cette obligation caractériserait une violation illégale de sa liberté. La circonstance que son recours contre l'obligation de quitter le territoire français est pendant en appel est sans incidence.
6. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté en litige.
Sur les frais du litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C et au préfet du Puy-de-Dôme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 avril 2024.
La magistrate désignée,
N. LUYCKX
La greffière,
C. A
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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