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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2400868

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2400868

mercredi 17 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2400868
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantREMEDEM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 avril 2024, M. A B, représenté par Me Remedem, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, au préfet du Puy-de-Dôme de lui restituer son passeport ainsi que son précédent titre de séjour n°0308006062 dans un délai de huit jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition de l'urgence est remplie dès lors que son récépissé de demande de titre de séjour n'est valable qu'accompagné de son précédent titre de séjour, si bien qu'il ne peut justifier de la régularité de son séjour, ne peut solliciter le renouvellement de son passeport et ni travailler régulièrement ;

- la mesure sollicitée est utile car il ne peut actuellement pas justifier de son identité en cas de contrôle ni demander le renouvellement de son passeport ; il ne peut pas non plus justifier de la régularité et de la date de son entrée en France ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Il résulte de ces dispositions que le juge des référés, saisi d'une demande sur le fondement de ces dispositions, peut prescrire toutes mesures ayant un caractère provisoire ou conservatoire, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence, ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

2. En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. M. B, ressortissant turc, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui restituer son passeport ainsi que son précédent titre de séjour n°0308006062. Toutefois, M. B a sollicité la restitution de ces documents auprès du préfet du Puy-de-Dôme par un courrier du 27 novembre 2023, réceptionné le 21 décembre 2023, mentionnant d'ailleurs l'existence de précédentes demandes auprès des services préfectoraux, restées sans réponse. Dans ces conditions, une décision implicite de rejet de sa demande est nécessairement née du silence gardé par la préfecture du Puy-de-Dôme à l'expiration d'un délai de deux mois. Par suite, la requête de M. B tendant à ce que la juge des référés enjoigne au préfet du Puy-de-Dôme de lui restituer son passeport ainsi que son précédent titre de séjour fait obstacle à l'exécution de la décision de rejet née du silence gardé par le préfet sur sa demande. Par suite, la condition posée à l'article L. 521-3 du code de justice administrative, tenant à ce que la mesure demandée ne fasse pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative, n'est pas remplie.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B, y compris celles relatives aux frais liés au litige, doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Clermont-Ferrand, le 17 avril 2024.

La présidente du tribunal,

juge des référés,

S. BADER-KOZA

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2400868JC

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