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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2400904

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2400904

vendredi 19 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2400904
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 avril 2024, M. B C, réprésenté par Me Bourg, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au Préfet du Puy-de-Dôme de lui remettre, dans un délai de 24 heures à compter de l'ordonnance à intervenir, un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail ;

2°) d'assortir cette injonction d'une astreinte de 100 euros par jours de retard ;

3°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;

4°) de mettre 1 500 euros à la charge de l'Etat, au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ou de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, si le bénéfice de l'aide juridictionnelle devait lui être refusée.

Il soutient que :

- sa carte de séjour en qualité de travailleur saisonnier a expiré le 16 avril 2024 et il ne lui a été délivré aucun récépissé concernant sa demande, déposée par correspondance du 6 février 2024 à la préfecture du Puy-de-Dôme, tendant à un " changement de statut " en vue de l'obtention d'une carte de séjour mention " salarié " du fait de la transformation de ses deux CDD en CDI ;

- la condition d'urgence est caractérisée dès lors que les 14 avril et 15 avril 2024, ses deux employeurs l'ont sommé de régulariser au plus vite sa situation, et que son titre de séjour a expiré le 16 avril 2024 ;

- le refus de remise d'un récépissé, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et de venir, à son droit au respect de sa vie privée et familiale et à son droit au travail.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 22 juin 2023 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif a désigné Mme A, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. D'une part, aux termes de l'article R. 431-2 du code de de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La demande d'un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l'immigration s'effectue au moyen d'un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté. Les catégories de titres de séjour désignées par arrêté figurent en annexe 9 du présent code. " Aux termes de l'article R. 431-15-1 du même code : " Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire./ Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande. "

3. D'autre part, aux termes de l'article R. 431-12 du même code, applicable aux documents provisoires délivrés pendant l'examen d'une demande présentée sans recours au téléservice mentionné à l'article R. 431-2 : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise () ".

4. Enfin, l'article 1er de l'arrêté du 22 juin 2023 pris en application de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux titres de séjour dont la demande s'effectue au moyen d'un téléservice, a prévu que sont effectuées au moyen de ce téléservice, à compter du 26 juin 2023, " les demandes de cartes de séjour temporaires ".

5. Il résulte des dispositions précitées que la demande de délivrance d'une carte de séjour temporaire mention " salarié " sur le fondement de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit s'effectuer, depuis le 26 juin 2023, au moyen d'un téléservice. La demande de M. C, adressée à la préfecture du Puy-de-Dôme par courrier réceptionné le 19 février 2024, complétée le 11 avril 2024 n'était dès lors pas recevable. De plus, celui-ci étant titulaire d'une carte de séjour en tant que travailleur saisonnier, il était dans un statut essentiellement précaire et temporaire en France. La seule circonstance qu'il a conclu de nouveaux contrats à durée indéterminée avec les entreprises qui l'employaient ne lui conférait pas un droit à la délivrance du nouveau titre de séjour sollicité. Par conséquent, il n'est pas fondé qu'en ne le mettant pas en possession immédiatement et à l'expiration de son titre de séjour d'un récépissé de demande de carte de séjour mention " salarié ", le préfet du Puy-de-Dôme aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales susvisées.

6. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner la condition relative à l'urgence, il y a lieu de rejeter le présent référé comme manifestement infondé en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

8. En outre il n'y a pas lieu d'admettre le requérant à l'aide juridictionnelle provisoire.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C.

Copie en sera communiquée au préfet du Puy-de-Dôme.

Fait à Clermont-Ferrand, le 19 avril 2024.

La juge des référés,

N. A

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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