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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2401100

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2401100

mardi 21 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2401100
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantAD'VOCARE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 mai 2024 et le 16 mai 2024, M. A B, représenté par l'AARPI Ad'Vocare, Me Demars, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'ordonner, en application de l'article L. 614-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au préfet du Puy-de-Dôme de communiquer le dossier contenant les pièces sur la base desquelles les décisions attaquées ont été prises ;

3°) d'annuler l'arrêté du 15 mai 2024 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;

4°) d'annuler l'arrêté du 15 mai 2024 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours ;

5°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de procéder sans délai à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

6°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de procéder sans délai à la restitution de sa carte d'identité ;

7°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de mettre fin sans délai à la mesure de surveillance le concernant ;

8°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de procéder au réexamen de sa situation administrative dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et dans l'attente, de le munir d'une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification du jugement, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

9°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

S'agissant de l'ensemble des décisions :

- elles sont entachées d'un vice de procédure en raison de la méconnaissance de son droit d'être entendu ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des articles 47 et 48 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne relatifs au droit à un recours effectif dès lors qu'elle lui empêche d'être présent à un procès pénal futur ;

S'agissant de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est entachée l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des articles 47 et 48 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne dès lors qu'elle lui empêche d'être présent à un procès pénal futur ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est entachée l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale en raison de l'illégalité dont sont entachées l'obligation de quitter le territoire français et la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des articles 47 et 48 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne relatifs au droit à un recours effectif dès lors qu'elle lui empêche d'être présent à un procès pénal futur ;

- elle a été prise en méconnaissance de l'article 8 de la directive (UE) n° 2016/343 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;

S'agissant de la décision d'assignation à résidence :

- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est entachée l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;

- les mesures de contrainte sont entachées d'erreur d'appréciation.

Le préfet du Puy-de-Dôme a produit des pièces qui ont été enregistrées le 16 mai 2024.

M. B a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 15 mai 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Constitution, notamment son article 61-1 et son préambule ;

- la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen du 26 août 1789 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la directive n° 2016/343 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du Tribunal administratif de Clermont-Ferrand a désigné M. Nivet, conseiller, pour statuer sur le litige.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 17 mai 2024 à 15h00, en présence de Mme Llorach, greffière :

- le rapport de M. Nivet, conseiller,

- et les observations de Me Demars, représentant M. B.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien, demande l'annulation des arrêtés du 15 mai 2024 par lesquels le préfet du Puy-de-Dôme l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, d'une part, et l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours, d'autre part.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ".

3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fins d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions :

4. Le droit d'être entendu, qui se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts, ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. Il revient à l'intéressé d'établir devant le juge chargé d'apprécier la légalité de cette décision que les éléments qu'il n'a pas pu présenter à l'administration auraient pu influer sur le sens de cette décision et il appartient au juge saisi d'une telle demande de vérifier, lorsqu'il estime être en présence d'une irrégularité affectant le droit d'être entendu, si, eu égard à l'ensemble des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, cette violation a effectivement privé celui qui l'invoque de la possibilité de mieux faire valoir sa défense dans une mesure telle que cette procédure administrative aurait pu aboutir à un résultat différent.

5. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été entendu par les services de police le 14 mai 2024 suite à son placement en garde à vue, et interrogé notamment sur sa situation administrative en France et sur les conséquences pour lui d'une mesure d'éloignement. Dans ces conditions, et alors que la décision préfectorale en litige renvoie au procès-verbal d'audition, le moyen selon lequel la décision a été adoptée en méconnaissance du droit du requérant à être entendu ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu, la décision comporte l'ensemble des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen de la situation du requérant doivent être écartés.

7. En second lieu, M. B fait valoir qu'il est convoqué le 30 juillet 2024 par le service interdépartemental de la police aux frontières de Clermont-Ferrand et le 11 octobre 2024 au tribunal judiciaire de Clermont-Ferrand. Toutefois, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne fait pas obstacle à ce que l'intéressé revienne en France à ces dates, de sorte que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des articles 47 et 48 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

8. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire est illégale en raison de l'illégalité dont est entachée l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre.

9. En deuxième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des articles 47 et 48 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 7 du présent jugement.

10. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".

11. Pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire à M. B, le préfet du Puy-de-Dôme s'est notamment fondé sur le fait qu'il s'était soustrait à l'exécution de trois précédentes mesures d'éloignement.

12. En se bornant à faire état de ce qu'il est titulaire d'une carte d'identité valide, de ce qu'il dispose d'un hébergement à Clermont-Ferrand, de ce qu'il bénéficie d'un suivi médical régulier et de ce qu'il est convoqué dans les locaux de l'association Action Socio-judiciaire Auprès des Victimes et Auteurs d'Infractions Pénales et devant le tribunal judiciaire de Clermont-Ferrand, le requérant ne justifie pas d'une circonstance particulière de nature à faire obstacle à la reconnaissance du risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

13. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi est illégale en raison de l'illégalité dont est entachée l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre.

14. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

15. S'il soutient qu'il bénéficie d'un suivi médical en raison de multiples pathologies, le requérant, qui ne justifie d'ailleurs pas avoir présenté une demande de titre de séjour en se prévalant de son état de santé, n'établit pas qu'il ne pourrait pas bénéficier effectivement dans son pays d'origine d'un traitement approprié auxdites pathologies. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations cités au point précédent doit être écarté.

En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

16. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans est illégale en raison de l'illégalité dont sont entachées l'obligation de quitter le territoire français et la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire prises à son encontre.

17. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la directive n° 2016/343 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 : " 1. Les États membres veillent à ce que les suspects et les personnes poursuivies aient le droit d'assister à leur procès. / 2. Les États membres peuvent prévoir qu'un procès pouvant donner lieu à une décision statuant sur la culpabilité ou l'innocence du suspect ou de la personne poursuivie peut se tenir en son absence, pour autant que : / a) le suspect ou la personne poursuivie ait été informé, en temps utile, de la tenue du procès et des conséquences d'un défaut de comparution; ou / b) le suspect ou la personne poursuivie, ayant été informé de la tenue du procès, soit représenté par un avocat mandaté, qui a été désigné soit par le suspect ou la personne poursuivie, soit par l'État. () ". Il résulte de l'arrêt du 15 septembre 2022 de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) dans l'affaire C-420/20 que le paragraphe 2 de l'article 8 de la directive (UE) n° 2016/343 doit être interprété en ce sens qu'il s'oppose à une réglementation d'un Etat membre permettant la tenue d'un procès en l'absence du suspect ou de la personne poursuivie, alors que cette personne se trouve en dehors de cet Etat membre et dans l'impossibilité d'entrer sur le territoire de celui-ci, en raison d'une interdiction d'entrée adoptée à son égard par les autorités compétentes dudit État membre.

18. Il résulte des dispositions de l'article L. 613-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'il est loisible à tout étranger résidant hors de France et faisant l'objet d'une décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'en solliciter l'abrogation et ainsi, de se trouver en mesure de demander à être légalement autorisé à revenir en France pour assister à son procès. Par suite, et dès lors que le législateur a prévu des mesures permettant d'autoriser un étranger ayant fait l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français, à entrer de nouveau sur le territoire français, M. B ne peut pas utilement invoquer la méconnaissance de l'article 8 de la directive du 9 mars 2016 précitée à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français prise à son encontre.

19. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des articles 47 et 48 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doivent être écartés pour le même motif que celui énoncé au point précédent du présent jugement.

20. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ".

21. En se bornant à soutenir qu'il réside habituellement en France, qu'il y bénéficie d'un suivi médical régulier et qu'il est convoqué par l'association Action Socio-judiciaire Auprès des Victimes et Auteurs d'Infractions Pénales et par le tribunal judiciaire de Clermont-Ferrand, le requérant ne justifie d'aucune circonstance humanitaire pouvant justifier que ne soit pas prononcée à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré d'une erreur d'appréciation doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

22. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision portant assignation à résidence est illégale en raison de l'illégalité dont est entachée l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre.

23. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".

24. M. B ne démontre pas que son éloignement ne demeurerait pas une perspective raisonnable en invoquant le fait qu'il bénéficie d'un suivi médical régulier et qu'il est convoqué dans les locaux de l'association Action Socio-judiciaire Auprès des Victimes et Auteurs d'Infractions Pénales et devant le tribunal judiciaire de Clermont-Ferrand. Par suite, et dès lors que le requérant fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai prise moins de trois ans auparavant, le préfet du Puy-de-Dôme n'a pas commis d'erreur de droit ou d'erreur d'appréciation en décidant de l'assigner à résidence sur le fondement des dispositions du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

25. En dernier lieu, en se bornant à soutenir, sans précision supplémentaire, que l'assignation à résidence et les mesures de contrainte sont disproportionnées dès lors qu'il est astreint à résidence tous les jours entre 6h00 et 9h00 et qu'il doit se présenter à 10h00 auprès des services de police, le requérant n'établit pas que la décision serait entachée d'une erreur d'appréciation.

26. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions qu'il attaque. Par voie de conséquence, les conclusions présentées à fin d'injonction doivent également être rejetées.

Sur les frais du litige :

27. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Puy-de-Dôme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mai 2024.

Le magistrat désigné,

C. NIVET

La greffière,

F. LLORACH

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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