mercredi 22 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2401128 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | AD'VOCARE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 mai 2024, Mme B A, représentée par Me Demars, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'ordonner au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de lui attribuer une place dans un centre d'hébergement pour demandeur d'asile (HUDA) ou dans un centre d'accueil pour demandeur d'asile (CADA), dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) d'ordonner, à titre subsidiaire, au préfet du Puy-de-Dôme de lui attribuer une place d'hébergement au titre du dispositif d'hébergement d'urgence, dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ou du préfet du Puy-de-Dôme la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou, si le bénéfice de l'aide juridictionnelle devait lui être refusé, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la condition d'urgence :
- elle est caractérisée dès lors que depuis le 2 mai 2024, date d'enregistrement de sa demande d'asile, elle est exposée à la rue et qu'elle justifie d'une situation de vulnérabilité en raison de son état de grossesse ; les services de l'OFII ont connaissance de son état de grossesse ; elle se trouve dans une situation de précarité ; si le bénéfice de l'ADA lui a été consenti, son versement n'interviendra que le 31 mai 2024 ; le montant journalier perçu est insuffisant pour se loger et subvenir à ses besoins alimentaires ; elle ne bénéficie d'aucune aide extérieure et se trouve dans l'incapacité totale de faire face aux nécessités de sa propre prise en charge ;
Sur la condition tenant à l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale :
- le droit de ne pas subir de carence caractérisée dans le cadre de l'hébergement d'urgence constitue une liberté fondamentale au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ;
- le droit de ne pas être soumis à des traitements inhumains ou dégradants constitue une liberté fondamentale au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ;
- elle n'a bénéficié d'aucune orientation vers un lieu d'hébergement pour demandeur d'asile depuis la date d'enregistrement de sa demande d'asile ; l'incapacité de l'OFII de lui proposer une solution d'hébergement pour demandeur d'asile manifeste une carence caractérisée dans l'accomplissement de la tâche qui lui a été confiée par le législateur ; il n'est pas établi que les services de l'OFII ont accompli régulièrement des diligences afin de rechercher une place d'hébergement à son bénéfice ; il incombe aux services de l'OFII d'adapter son dispositif national d'accueil à la demande et de se donner les moyens de répondre aux prescriptions fixées et aux engagements consentis ;
- il n'est pas établi que les services du SIAO de Clermont-Ferrand ont accompli les diligences afin de rechercher une place d'hébergement d'urgence à son bénéfice ; l'incapacité du SIAO de lui proposer un lieu d'hébergement d'urgence manifeste une carence caractérisée dans l'accomplissement de la tâche qui lui a été confiée par le législateur ; les services de l'État ne sauraient s'exonérer du respect des obligations mises à leur charge par le législateur et les engagements internationaux de la France au seul motif que les capacités d'hébergement sont saturées ; il n'est pas établi que les services du SIAO ont procédé à une évaluation médicale, psychique et sociale de sa situation alors qu'il s'agit d'une exigence imposée par le code de l'action sociale et des familles ;
- la condition de gravité des atteintes portées est remplie dès lors qu'elle est confrontée à des problèmes de santé physiques liés au froid et au manque d'hygiène ainsi qu'à des problèmes psychologiques ; elle justifie d'une situation de vulnérabilité dès lors qu'elle est enceinte de plus de quatre mois ; l'OFII a connaissance de cette circonstance ; elle se trouve dans une situation de précarité dès lors qu'elle dispose d'un accès limité aux ressources de base en matière d'alimentation, d'hygiène et de soins ; le versement de l'ADA n'interviendra que le 31 mai 2024 ; le montant journalier perçu est insuffisant pour se loger et subvenir à ses besoins alimentaires ; elle ne bénéficie d'aucune aide extérieure et se trouve dans l'incapacité totale de faire face aux nécessités de sa propre prise en charge ;
- le comportement de l'administration fait apparaître une méconnaissance manifestement illégale au droit à des conditions matérielles d'accueil décentes, au droit de ne pas subir de carence caractérisée dans le cadre de l'hébergement d'urgence et au droit de ne pas subir de traitement inhumains ou dégradants.
Mme A a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 17 mai 2024.
Vu l'ensemble des pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n'° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. D'une part, si la privation du bénéfice des mesures prévues par la loi afin de garantir aux demandeurs d'asile des conditions matérielles d'accueil décentes, jusqu'à ce qu'il ait été statué sur leur demande, est susceptible de constituer une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le droit d'asile, le juge des référés ne peut faire usage des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 521-2 du code de justice administrative en adressant une injonction à l'administration que dans le cas où, d'une part, le comportement de celle-ci fait apparaître une méconnaissance manifeste des exigences qui découlent du droit d'asile et où, d'autre part, il résulte de ce comportement des conséquences graves pour le demandeur d'asile, compte tenu notamment de son âge, de son état de santé ou de sa situation familiale. Dans cette hypothèse, les mesures qu'il peut ordonner doivent s'apprécier au regard de la situation du demandeur d'asile et en tenant compte des moyens dont dispose l'administration et des diligences qu'elle a déjà accomplies.
3. D'autre part, il appartient aux autorités de l'Etat de mettre en œuvre le droit à l'hébergement d'urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique et sociale. Une carence caractérisée dans l'accomplissement de cette tâche peut faire apparaître, pour l'application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale lorsqu'elle entraîne des conséquences graves pour la personne intéressée. Il incombe au juge des référés d'apprécier dans chaque cas les diligences accomplies par l'administration en tenant compte des moyens dont elle dispose ainsi que de l'âge, de l'état de la santé et de la situation de famille de la personne intéressée.
4. Il résulte de l'instruction que la demande d'asile de Mme A, ressortissante guinéenne, a été enregistrée en procédure " Dublin " le 2 mai 2024, qu'une attestation de demande d'asile, valable jusqu'au 1er juin 2024 lui a été délivrée et que le bénéfice de l'allocation pour demandeur d'asile lui a été consenti. Il résulte également de l'instruction que, ce même jour, Mme A a bénéficié d'un entretien de vulnérabilité auprès de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Toutefois, d'une part, s'il ressort du compte rendu de cet entretien que la requérante se trouve en état de grossesse depuis quatre mois, ce dernier ni aucune autre pièce versée au dossier ne fait état d'une vulnérabilité particulière. D'autre part, si Mme A fait valoir qu'elle se trouve sans solution d'hébergement, elle ne justifie pas avoir saisi en vain les services compétents ni avoir contacté en vain le 115. En tout état de cause, l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'est pas chargée de l'hébergement d'urgence. Par suite, Mme A ne justifie pas d'une situation d'urgence impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans un délai de quarante-huit heures.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'admettre l'intéressée au bénéfice de l'aide juridictionnelle, que les conclusions aux fins d'injonction de Mme A, y compris celles relatives aux frais liés au litige, doivent être rejetées en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Clermont-Ferrand, le 22 mai 2024.
La présidente du tribunal,
juge des référés,
S. BADER-KOZA
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.AA
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026