LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2401253

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2401253

samedi 8 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2401253
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 3 juin 2024 et le 5 juin 2024, M. C E, représenté par l'AARPI Ad'Vocare, Me Gauché, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 31 mai 2024 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision en litige est illégale en raison de l'illégalité de la décision du 24 mai 2024 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme l'a obligé à quitter le territoire français ;

* la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour de séjour qui méconnait l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, le 4° de l'article 6 de l'accord franco-algérien, l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

* elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

* elle méconnait l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

* elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision en litige est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen et d'une erreur de droit ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

La requête a été communiquée au préfet du Puy-de-Dôme qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Nivet, conseiller, pour statuer en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 5 juin 2024 à 15h00, en présence de Mme Humez, greffière :

- le rapport de M. Nivet,

- les observations de Me Gauché, représentant M. E.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 31 mai 2024, le préfet du Puy-de-Dôme a assigné à résidence M. E pour une durée de 45 jours. Par la présente requête, M. E demande au tribunal l'annulation de cette décision.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Selon les dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. Par sa requête, M. E demande à être admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, il y a lieu, dans les circonstances de l'espère, de prononcer en application des dispositions précitées de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991, l'admission provisoire du requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

S'agissant de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour :

4. En premier lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 4) au ressortissant algérien ascendant direct d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il exerce même partiellement l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins. () ". L'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ne prive pas l'autorité compétente du pouvoir qui lui appartient de refuser à un ressortissant algérien la délivrance du certificat de résidence d'un an lorsque sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public.

5. Il ressort des pièces du dossier que M. E est père de trois enfants français nés en 2017, 2020 et 2023 de son union avec Mme B D. Par ailleurs, il ressort des termes de la décision du 24 mai 2024 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de délivrer un titre de séjour au requérant et l'a obligé à quitter le territoire français que M. E a été condamné le 8 juin 2017 par le tribunal pour enfants de A à une peine d'emprisonnement de deux mois pour des faits de vol avec violence. Le 11 décembre 2019, il a été condamné par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand à une peine d'emprisonnement de cinq mois pour des faits de détention, usage et acquisition de stupéfiants ainsi que des faits de violence par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire de la victime. Le 14 décembre 2020, il a fait l'objet d'une condamnation, par le même tribunal, à une peine de dix-huit mois d'emprisonnement pour des faits de récidive en matière de stupéfiants et pour détention non autorisée d'arme, de munition ou de leurs éléments de catégorie B. Par ordonnance du 25 mai 2022, le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand lui a fait interdiction de contacter ou de paraître au domicile de Mme B D, qui est la mère de ses trois enfants. Par une ordonnance du même tribunal, du 4 mai 2023, confirmée par la cour d'appel de Riom, le sursis avec mise à l'épreuve dont il faisait l'objet a été révoqué totalement. Pour prendre la décision de refus de titre de séjour, le préfet s'est fondé sur la circonstance que le requérant ne pouvait attester d'un lien réel et continu avec ses enfants, ni de sa contribution effective à leur éducation et à leur entretien et qu'il ne disposait pas de conditions d'existence propres. Le préfet s'est également fondé sur la circonstance que le requérant constitue une menace pour l'ordre public au regard de son passé judiciaire et de son incapacité à respecter l'interdiction d'entrer en contact avec Mme D, victime des violences conjugales pour lesquelles il a été condamné. Il résulte de ces éléments que le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation en considérant que le requérant constituait une menace à l'ordre public. Il résulte par ailleurs de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision s'il s'était fondé sur ce seul motif. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet a méconnu les dispositions du 4° de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé en se fondant sur l'absence de conditions de ressources propres et de contribution à l'éducation et à l'entretien de ses enfants pour refuser de lui délivrer le titre de séjour sollicité.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

7. Le requérant soutient que la décision méconnait l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant dès lors que l'intérêt supérieur de ses enfants s'oppose à ce que le préfet lui refuse un titre de séjour. Toutefois, d'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant contribue à l'éducation et à l'entretien de ses enfants et, d'autre part, la décision portant refus de séjour n'a pas, par elle-même, pour objet, ni pour effet, de séparer le père de ses enfants. Par ailleurs, la circonstance que le préfet n'a pas visé l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant est sans incidence sur la légalité de la décision de refus de séjour.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE ". "

9. Le moyen tiré de ce que le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de ces dispositions doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux figurant au point 3 du présent jugement.

S'agissant de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français :

10. En premier lieu, au regard de ce qui a été dit précédemment, le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision de refus de séjour à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

11. En second lieu, les moyens tirés de ce que le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation et a méconnu les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux figurant au point 3 du présent jugement.

12. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Sur la décision d'assignation à résidence :

13. En premier lieu, la décision comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

14. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que par une décision du 30 mai 2024, le préfet du Puy-de-Dôme a placé le requérant en centre de rétention pour une durée maximale de 48h00 puis, par une décision du 31 mai 2024, a souhaité prolonger sa rétention. Par une ordonnance du 1er juin 2024, le tribunal judiciaire de Lyon a dit n'y avoir pas lieu à prolongation du maintien en rétention. Par une ordonnance du 2 juin 2024, la cour d'appel de Lyon a déclaré que l'appel formé par le procureur de la République de Lyon sur l'ordonnance du tribunal judiciaire n'avait pas d'effet suspensif. Par la décision en litige, prise le 31 mai 2024, le préfet a assigné à résidence M. E pour une durée de 45 jours. En se bornant à soutenir que la décision en litige est entachée d'un défaut d'examen et d'une erreur de droit parce qu'elle ne fait pas état des décisions prises par les juridictions judiciaires sur la mesure initiale de rétention, décisions qui n'étaient pas encore survenues à la date de la décision préfectorale, le requérant n'assortit son moyen d'aucune précision juridique permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, les moyens tirés du défaut d'examen et de l'erreur de droit doivent être écartés.

15. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".

16. Le requérant soutient que la décision d'assignation à résidence est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que la décision d'assignation à résidence n'est pas proportionnée au but poursuivi, que l'autorité préfectorale ne démontre pas avoir accompli les diligences nécessaires à son éloignement et que son passeport n'est plus valable. Il ressort toutefois des termes de la décision attaquée que M. E a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai prise le 24 mai 2024 et que, nonobstant l'expiration de son passeport, le préfet souhaite obtenir la délivrance d'un laissez-passer consulaire afin de prévoir l'organisation de son départ. Par ailleurs, la décision d'assignation à résidence, qui constitue une mesure alternative plus favorable que le placement en rétention, n'apparaît pas disproportionnée au regard du but poursuivi. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision est entachée d'une erreur d'appréciation en l'absence de perspective raisonnable d'éloignement doit être écarté.

17. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision attaquée. Par voie de conséquence, les conclusions présentées à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais du litige doivent également être rejetées

D E C I D E :

Article 1er : M. E est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : La requête de M. E est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C E et au préfet du Puy-de-Dôme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 08 juin 2024.

Le magistrat désigné,

C. NIVETLa greffière,

C. HUMEZ

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions