mardi 25 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2401263 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | AVK AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 juin 2024 et le 21 juin 2024, M. et Mme B D, représentés par Me Martinet-Beunier, demandent au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 11 avril 2024 par lequel le maire de la commune de Chanat-la-Mouteyre a délivré à M. E le permis de construire PC 063 083 24 R0002 aux fins de construction d'un garage sur un terrain situé 9 chemin de mitaine à Chanat-la-Mouteyre ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Chanat-la-Mouteyre une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont qualité et intérêt pour agir dès lors qu'ils sont propriétaires d'une parcelle limitrophe et que la construction entraînera des préjudices de vue et d'ensoleillement compte tenu de son implantation et de sa volumétrie ;
- la condition tenant à l'urgence est remplie eu égard au caractère difficilement réversible des travaux ; le pétitionnaire a débuté les travaux ;
- la condition tenant au doute sérieux quant à la légalité de la décision est remplie dès lors que la décision en litige comporte une motivation contradictoire ; la communauté d'agglomération de Riom Limagne et Volcans a émis un avis favorable au projet alors que le maire de la commune de Chanat-la-Mouteyre avait émis un avis défavorable ;
- la décision est insuffisamment motivée ; l'arrêté ne fait aucune référence aux prescriptions particulières concernant la protection du patrimoine du secteur de La Piala ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet ; les dimensions des bâtiments existants et de la construction envisagée ne sont pas mentionnés ; le profil du terrain avant/après n'est pas mentionné ; la construction envisagée n'est pas appréhendée comme un garage et aucun document ne précise que la construction sera utilisée uniquement en tant que tel ; le nombre de niveaux créés n'est pas précisé dans le formulaire CERFA ; les matériaux utilisés pour le toit et le mur ne sont pas précisés ; l'absence de la maison d'habitation sur la pièce PCMI6 fausse l'appréciation de l'administration ; les vues 1 et 2 sont identiques et ne permettent pas de démontrer l'environnement proche ;
- le projet méconnaît les dispositions du règlement de la zone URg du plan local d'urbanisme intercommunal dès lors que le projet ne présente aucune unité d'aspect et de matériaux avec les constructions riveraines existantes ;
- il méconnaît les dispositions du règlement de la zone URg du plan local d'urbanisme intercommunal dès lors qu'il n'est pas fait état dans la demande de permis de construire des arbres et de la végétation présente ou à venir ;
- il méconnaît les dispositions du règlement de la zone URg du plan local d'urbanisme intercommunal dès lors que moins de 50 % de la parcelle est en pleine terre ;
- il méconnaît les dispositions du règlement de la zone URg du plan local d'urbanisme intercommunal dès lors qu'il ne respecte pas la nécessité de protéger le secteur protégé La Piala ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation et porte atteinte au paysage environnant dès lors qu'il se situe dans un secteur protégé pour des raisons architecturales ; il se trouve dans une zone pavillonnaire qui présente une unité d'aspect.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 19 juin 2024 et le 21 juin 2024, M. A E, représenté par AVK Avocats associés, Me Gros, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge des requérants la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les requérants n'ont pas d'intérêt pour agir ; leur seule qualité de voisin immédiat ne saurait suffire à justifier de cet intérêt ; le projet n'entraîne aucune création de vues et perte d'ensoleillement dès lors que la maison des requérants est située en hauteur et dispose d'une haie empêchant toute vue ;
- l'avis donné par le maire avant transmission aux services instructeurs n'était pas obligatoire et ne liait pas lesdits services ;
- l'arrêté en litige est suffisamment motivé ;
- le dossier de demande de permis de construire était complet dès lors notamment qu'il comportait bien les dimensions de la construction ; que dès lors qu'aucune habitation n'est envisagée, le nombre de logements créés n'a pas à être mentionné; les photographies produites suffisent à situer le projet ;
- la hauteur de la construction envisagée ne méconnaît pas les dispositions du plan local d'urbanisme ;
- les arbres de haute tige présents sur la parcelle sont conservés ;
- la surface restant en pleine terre est suffisante eu égard aux exigences du plan local d'urbanisme ;
- les requérants ne précisent pas quelles dispositions relatives aux secteurs protégés seraient méconnues ;
- la construction s'insère dans un environnement comportant des constructions similaires.
Vu :
- la requête enregistrée le 4 juin 2024 sous le n° 2401262 par laquelle M. et Mme D demandent l'annulation de l'arrêté en litige ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif a désigné Mme C, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, qui s'est tenue le 24 juin 2024 :
- le rapport de Mme C,
- les observations de Me Roux, substituant Me Martinet-Beunier, avocate des requérants ;
- les observations de Me Ferrandon, substituant Me Gros, avocat de M. E.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme D demandent au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 11 avril 2024 par lequel le maire de la commune de Chanat-la-Mouteyre a délivré le permis de construire PC 063 083 24 R0002 à M. E aux fins de construction d'un garage sur un terrain situé 9 chemin de mitaine à Chanat-la-Mouteyre.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
3. En l'état de l'instruction, eu égard à l'office du juge des référés, aucun des moyens tels que visés ci-dessus et invoqués par M. et Mme D n'apparaît de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté par lequel le maire de la commune de Chanat-la-Mouteyre a accordé un permis de construire à M. E.
4. Par suite, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par M. E, ni d'examiner la condition d'urgence, les conclusions à fin de suspension présentées par les requérants doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Chanat-la-Mouteyre, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. et Mme D demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme demandée par M. E au titre des mêmes dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par M. E sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme B D, à M. A E et à la commune de Chanat-la-Mouteyre.
Fait à Clermont-Ferrand, le 25 juin 2024.
La juge des référés,
C. C
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No2401263JC
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