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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2401274

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2401274

mercredi 26 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2401274
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantPIGNAUD EMILIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 juin 2024, Mme A B, représentée par Me Pignaud, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 17 mai 2024 par lequel la préfète de l'Allier l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a interdite de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.

Elle soutient que :

- l'arrêté est entaché d'incompétence ;

- la préfète n'a pas suffisamment motivé en droit et en fait son arrêté et n'a pas procédé à un examen attentif et personnalisé de sa situation ;

- l'arrêté est entaché d'erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- il méconnaît le principe du respect des droits de la défense ;

- il méconnaît l'intérêt supérieur de l'enfant ; ses deux filles ont la qualité de réfugiées ; elle est dans l'attente de leurs actes de naissance ;

- il méconnaît les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2024, la préfète de l'Allier conclut au non-lieu à statuer.

Elle fait valoir que, suite à la présentation par Mme B d'éléments nouveaux tenant notamment à la protection internationale attribuée à ses enfants, l'arrêté du 17 mai 2024 portant obligation de quitter le territoire français assorti d'une interdiction de retour a été retiré par un arrêté du 24 juin 2024.

Par un courrier du 24 juin 2024, Mme B déclare s'associer à la demande de non-lieu à statuer.

Mme B a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 4 juin 2024.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 26 juin 2024, à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante sénégalaise, est entrée sur le territoire français le 23 décembre 2022. Sa demande d'asile a été rejetée par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 28 novembre 2023, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 11 avril 2024. Par un arrêté du 17 mai 2024, la préfète de l'Allier l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a interdite de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de ces décisions.

Sur l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".

3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre Mme B, qui a déposé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas été statué, au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. Postérieurement à l'introduction de la présente requête et suite à la présentation par Mme B d'éléments nouveaux tenant notamment à la protection internationale attribuée à deux de ses filles, la préfète de l'Allier a, par arrêté du 24 juin 2024, procédé au retrait de l'arrêté en litige.

5. Mme B déclare s'associer à la demande de non-lieu à statuer. Ce faisant, elle doit être regardée comme se désistant de l'ensemble de ses conclusions. Ce désistement étant pur et simple, il y a lieu d'en donner acte.

D É C I D E :

Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il est donné acte du désistement de la requête de Mme B.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la préfète de l'Allier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2024.

La présidente,

S. C Le greffier,

D. MORELIERE

La République mande et ordonne à la préfète de l'Allier, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2401274AC

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