LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2401313

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2401313

mardi 18 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2401313
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantAD'VOCARE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 juin 2024, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 13 et 14 juin 2024, Mme A E, épouse C, représentée par Me Demars, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 juin 2024 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de communiquer les éléments relatifs aux diligences accomplies depuis le 19 avril 2023, date de la mesure initiale d'assignation à résidence, dans le cadre de l'organisation matérielle de son départ ;

3°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui restituer son passeport ;

4°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de mettre fin sans délai à la mesure de surveillance la concernant ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision a été signée par une autorité incompétente ;

- elle n'a pas été entendue préalablement à l'édiction de l'arrêté contesté alors qu'elle aurait pu justifier d'éléments relatifs à l'état de santé de son époux ;

- la décision méconnaît l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, est disproportionnée et n'est pas nécessaire.

La requête a été communiquée au préfet du Puy-de-Dôme qui n'a pas produit de mémoire en défense mais des pièces qui ont été enregistrées le 14 juin 2024.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Caraës, vice-présidente, pour statuer en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 14 juin 2024 à 15h00, en présence de Mme Blanc, greffier d'audience :

- le rapport de Mme Caraës,

- et les observations de Me Demars, représentant Mme E qui reprend ses écritures.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A E épouse C, ressortissante algérienne née le 8 août 1988, est entrée en France le 3 novembre 2022. Par des arrêtés du 19 avril 2023, dont la légalité a été confirmée par un jugement du 29 avril 2023 du tribunal administratif de Clermont-Ferrand, le préfet du Puy-de-Dôme l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, a interdit son retour sur le territoire français pour une durée de deux ans et l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par un arrêté 2 juin 2023, dont la légalité a été confirmée par un jugement du 13 juin 2023, le préfet du Puy-de-Dôme a renouvelé son assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par un arrêté du 11 juin 2024, le préfet du Puy-de-Dôme a assigné Mme E épouse C pour une durée de quarante-cinq jours en l'obligeant à résider à l'adresse où elle a été assignée tous les jours entre 6h00 et 7h00 et à se présenter tous les jours à 10h00, y compris les dimanches et jours fériés, à l'hôtel de police de Clermont-Ferrand. Par la présente requête, Mme E épouse C demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

2. L'arrêté d'assignation à résidence a été signé par Mme D B, cheffe du service de l'immigration et de l'intégration de la direction de la citoyenneté et de la légalité à la préfecture du Puy-de-Dôme, qui disposait d'une délégation de signature, établie par un arrêté du préfet du Puy-de-Dôme du 30 mai 2024 publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial, à l'effet de signer l'acte attaqué. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

3. Lorsqu'il oblige un étranger à quitter le territoire français, le préfet doit appliquer les principes généraux du droit de l'Union européenne, dont celui du droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle défavorable ne soit prise à son encontre.

4. Il ne ressort pas des pièces du dossier que, préalablement à l'édiction de la décision contestée, Mme E épouse C aurait été mise à même de présenter des observations quant au prononcé de l'assignation à résidence prise à son encontre. Toutefois, si les éléments invoqués par Mme E épouse C, liés à l'état de santé de son époux qui nécessite un suivi médical et un traitement médicamenteux en vue de stabiliser le syndrome anxio-dépressif dont il est atteint, avaient été portés à la connaissance du préfet du Puy-de-Dôme, il n'apparaît pas que la procédure administrative aurait pu aboutir à un résultat différent. Par suite, la méconnaissance de son droit à être entendu reste sans incidence sur la légalité de l'assignation à résidence. Le moyen doit, en conséquence, être écarté.

5. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".

6. D'une part, en se bornant à soutenir que l'autorité préfectorale ne démontre pas avoir effectué, depuis les assignations à résidence des 19 avril et 2 juin 2023, une quelconque démarche en vue de son éloignement, la requérante n'établit pas l'absence de perspectives raisonnables d'éloignement ni qu'elle n'entrerait pas dans les prévisions des dispositions précitées. La circonstance que ce n'est que le 13 juin 2024 que le préfet a sollicité la délivrance d'un " routing " en vue de l'éloignement de Mme E épouse C n'est pas de nature à établir qu'à la date de la décision en litige son éloignement ne demeurait pas une perspective raisonnable. D'autre part, si Mme E épouse C fait valoir qu'elle justifie d'une impossibilité objective de quitter le territoire français dans un délai raisonnable compte tenu de l'état de santé de son époux, en tout état de cause, elle n'établit pas qu'il ne serait en mesure ni de bénéficier du traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine ni de voyager. Par ailleurs, la circonstance que son époux soit convoqué à une audience devant le tribunal correctionnel le 18 décembre 2024 n'est pas de nature à démontrer en soi l'existence objective d'une impossibilité de quitter le territoire français dans un délai raisonnable. Par suite, Mme E épouse C n'est pas fondée à soutenir que l'assignation à résidence méconnaît l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'est pas davantage établi que l'assignation à résidence serait entachée d'une erreur dans l'appréciation de la situation personnelle de la requérante.

7. La décision assignant Mme E épouse C à résidence dans le département du Puy-de-Dôme pour une durée de quarante-cinq jours prévoit l'obligation pour l'intéressée de résider à l'adresse où elle est assignée tous les jours entre 6h00 et 7h00 et de se présenter tous les jours à 10h00, y compris les dimanches et jours fériés, à l'hôtel de police. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'obligation de résider à l'adresse où elle est assignée entre 6h00 et 7h00 et les modalités de pointage fixées par cette décision ne seraient pas proportionnées et nécessaires aux finalités qu'elle poursuit, l'intéressée n'invoquant précisément aucune difficulté particulière notamment en raison du suivi médical de son époux pour se rendre à l'hôtel de police. La requérante n'établit pas davantage que les modalités d'exécution de la décision d'assignation à résidence serait entachée d'une erreur dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle en raison du suivi médical de son époux.

8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme E épouse C doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme E épouse C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A E épouse C et au préfet du Puy-de-Dôme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.

La magistrate désignée,

R. CARAËS

La greffière,

N. BLANC

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions