lundi 17 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2401327 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 juin 2024, Mme C D demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 9 mai 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a procédé au retrait de quatre points sur le capital du permis de conduire de son conjoint, M. A B.
Elle soutient que le ministre de l'intérieur et des outre-mer aurait dû procéder au retrait des quatre points sur le capital de son permis de conduire et non sur celui de son conjoint dès lors qu'elle est à l'origine de l'infraction.
Vu :
- la requête enregistrée le 13 juin 2024 sous le n° 2401321 par laquelle Mme D demande l'annulation de la décision en litige ;
- l'ensemble des pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 9 mai 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a procédé au retrait de quatre points du capital du permis de conduire du conjoint de Mme D, M. A B, à la suite d'une infraction commise le 16 avril 2024 sur la commune de Clermont-Ferrand (63000). Par la présente requête, Mme D demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Et en vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience, lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. La condition d'urgence s'apprécie objectivement et globalement au regard de l'intérêt du demandeur mais aussi de l'intérêt public et notamment, s'agissant d'un arrêté de suspension de la validité d'un permis de conduire, des exigences liées à la protection de la sécurité routière.
4. Pour demander la suspension de l'exécution de la décision en litige, la requérante ne se prévaut d'aucune urgence à suspendre l'exécution de cette décision. Il suit de là que la condition d'urgence exigée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, ne peut être regardée comme remplie.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins de suspension de Mme D doivent être rejetées en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C D.
Fait à Clermont-Ferrand, le 17 juin 2024.
La présidente du tribunal,
juge des référés
S. BADER-KOZA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° 2401321AA
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