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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2401430

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2401430

vendredi 12 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2401430
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantLOISEAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 juin 2024, Mme C B, représentée par Me Loiseau, demande au tribunal d'annuler la décision du 28 mai 2024 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a interdite de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Le préfet du Puy-de-Dôme n'a pas produit d'observations en défense mais des pièces, enregistrées le 5 juillet 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 11 juillet 2024 :

- le rapport de Mme A,

- Me Lauvergne, substituant Me Loiseau, avocate de Mme B, qui demande au tribunal d'admettre la requérante au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et qui soulève les moyens tirés de ce que :

* l'obligation de quitter le territoire français en litige méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que sa fille est scolarisée, qu'elle apprend le français et enseigne l'espagnol dans une association ;

* l'obligation de quitter le territoire français en litige méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que sa famille a quitté leur pays d'origine en raison des opinions politiques de son époux ;

* la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale par exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.

Le préfet n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante péruvienne, est entrée en France le

23 septembre 2022. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides par une décision du 24 mars 2023 et par la Cour nationale du droit d'asile le 10 avril 2024. Par une décision du 28 mai 2024, le préfet du Puy-de-Dôme l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a interdite de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler cette décision.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Mme B n'a pas déposé de demande d'aide juridictionnelle. Par suite, la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle présentée par l'intéressée ne peut, en tout état de cause, qu'être rejetée.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

3. En premier lieu, Mme B est entrée en France en 2022. La requérante se prévaut de ce que sa fille est scolarisée en France, de ce qu'elle apprend le français et de ce qu'elle et son époux enseignent l'espagnol dans une association. Toutefois, et alors que ces deux dernières circonstances ne sont pas établies, la requérante n'allègue ni n'établit que sa fille ne pourrait pas poursuivre sa scolarité au Pérou, où son fils majeur a été diplômé, ni n'établit avoir établi en France le centre de ses intérêts privés et familiaux en France. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

4. En deuxième lieu, la requérante soutient que sa famille a fui le Pérou en raison d'un risque de répression du fait des opinions politiques de son époux. Alors que sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et par la Cour nationale du droit d'asile, elle n'apporte aucune précision ni aucun élément permettant d'établir la réalité et l'actualité du risque dont elle se prévaut. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

5. En troisième lieu, il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français en litige est illégale. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, invoqué à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté.

6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision en litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au préfet du Puy-de-Dôme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.

La présidente,

S. ALe greffier,

D. MORELIERE

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2401430

JC

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