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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2401431

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2401431

vendredi 12 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2401431
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantLOISEAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 juin 2024, M. B C, représenté par Me Loiseau, demande au tribunal d'annuler la décision du 28 mai 2024 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Le préfet du Puy-de-Dôme n'a pas produit d'observations en défense mais des pièces, enregistrées le 5 juillet 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 11 juillet 2024 :

- le rapport de Mme A,

- Me Lauvergne, substituant Me Loiseau, avocate de M. C, qui demande au tribunal d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et qui soulève les moyens tirés de ce que :

* l'obligation de quitter le territoire français en litige méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que sa sœur est scolarisée, qu'il apprend le français et que ses parents enseignent l'espagnol dans une association ;

* l'obligation de quitter le territoire français en litige méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que sa famille a quitté leur pays d'origine en raison des opinions politiques de son père ;

* la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale par exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.

Le préfet n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant péruvien, est entré en France le

23 septembre 2022. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides par une décision du 24 mars 2023 et par la Cour nationale du droit d'asile le 10 avril 2024. Par une décision du 28 mai 2024, le préfet du Puy-de-Dôme l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler cette décision.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. M. C n'a pas déposé de demande d'aide juridictionnelle. Par suite, la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle présentée par l'intéressé ne peut, en tout état de cause, qu'être rejetée.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

3. En premier lieu, M. C est entré en France en 2022. Le requérant, célibataire et sans enfant, se borne à se prévaloir de ce que sa sœur est scolarisée en France, de ce qu'il apprend le français et de ce que ses parents enseignent l'espagnol. Toutefois, et alors que M. C, majeur, n'a pas vocation à vivre avec ses parents, ce dernier n'établit pas avoir établi en France le centre de ses intérêts privés et familiaux en France. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

4. En deuxième lieu, le requérant soutient que sa famille a fui le Pérou en raison d'un risque de répression du fait des opinions politiques de son père. Alors que sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et par la Cour nationale du droit d'asile, il n'apporte aucune précision ni aucun élément permettant d'établir la réalité et l'actualité du risque dont il se prévaut. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

5. En troisième lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français en litige est illégale. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, invoqué à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté.

6. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision en litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet du Puy-de-Dôme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.

La présidente,

S. ALe greffier,

D. MORELIERE

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2401431

JC

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