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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2401453

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2401453

vendredi 12 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2401453
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 juin 2024, M. C A, représenté par Me Loiseau, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite née du silence gardé par le préfet du Puy-de-Dôme sur sa demande de titre de séjour du 1er novembre 2023 ;

2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de deux mois, et dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- s'agissant de la condition tenant à l'urgence, elle est caractérisée en présence d'un refus de renouvellement de son titre de séjour ; son attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour n'a pas été renouvelée malgré de multiples demandes en ce sens ; il ne peut plus travailler suite à l'expiration de son attestation de prolongation d'instruction ; il va perdre le bénéfice d'allocations sociales et se trouvera sans ressources alors qu'il assume seul la charge financière de son foyer ;

- s'agissant du doute sérieux quant à la décision en litige, elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 424-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il est bénéficiaire de la protection subsidiaire et justifie de plus de quatre années de présence régulière en France ;

- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il se trouve en France depuis 2019, qu'il travaille en France et que l'ensemble de sa famille réside en France ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant dès lors qu'il est dans l'intérêt de ses enfants qu'il reste en France avec eux, que sa fille ainée est scolarisée en France et que la décision en litige fait obstacle à ce qu'il subvienne aux besoins de sa famille.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juillet 2024, le préfet du

Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est sans objet dès lors qu'aucune décision implicite de rejet n'est née ; le préfet est dans l'attente de recevoir des pièces complémentaires de la part du requérant ;

- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que le requérant bénéficie d'une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour l'autorisant à travailler.

Par un mémoire, enregistré le 8 juillet 2024, M. C A, représenté par Me Loiseau, conclut au non-lieu à statuer et déclare maintenir ses conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de loi du 10 juillet 1991.

M. A a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 25 juin 2024.

Vu :

- la requête n° 2401454 enregistrée le 28 juin 2024 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision en litige ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 juillet 2024 :

- le rapport de Mme B,

- Me Lauvergne, substituant Me Loiseau, avocate de M. A.

Le préfet n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant guinéen, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite née du silence du préfet du

Puy-de-Dôme sur sa demande de titre de séjour du 1er novembre 2023.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ".

3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte :

4. Il résulte de l'instruction que si M. A a demandé le renouvellement de sa carte de séjour le 1er novembre 2023, le préfet du Puy-de-Dôme lui a toutefois demandé, le 4 juillet 2024, la production de pièces complémentaires afin de compléter son dossier, qui n'était alors de ce fait pas complet. M. A, qui conclut dans le dernier état de ses écritures au non-lieu à statuer, a confirmé à l'audience publique la volonté de se désister de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte, présentées au titre de titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Ce désistement partiel étant pur et simple, il y a lieu d'en donner acte.

Sur les frais de l'instance :

5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par M. A au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte de la requête de M. A.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au préfet du Puy-de-Dôme.

Fait à Clermont-Ferrand, le 12 juillet 2024.

La présidente du tribunal,

juge des référés,

S. B

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No2401453JC

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