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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2401466

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2401466

vendredi 12 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2401466
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er juillet 2024, la communauté de communes de Saint-Flour Communauté, représentée par la Selarl DMMJB Avocats, Me Martins Da Silva, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, aux occupants sans droit ni titre de libérer sans délai la parcelle cadastrée section ZS n° 25 de la zone d'activité du Rozier-Coren située à Saint-Flour dont elle est propriétaire et d'évacuer les véhicules qui y sont installés sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

2°) de l'autoriser à se faire assister de la force publique pour permettre l'exécution de l'ordonnance dans un délai de huit jours à compter de son affichage sur les lieux.

Elle soutient que :

- la parcelle cadastrée ZS n° 25 de la zone d'activité du Rozier-Coren située à Saint-Flour est occupé par des caravanes, des fourgons et des voitures de tourisme appartenant à la communauté des gens du voyage ;

- elle est propriétaire de cette parcelle qui constitue l'emprise des aménagements nécessaires aux lots restant à vendre de la zone d'activité ; la parcelle est nécessaire à l'exercice de sa compétence " développement économique et gestion des zones d'activités " ; la parcelle occupée relève de son domaine public et son utilité est liée à la zone d'activité et non à la voirie ;

- les articles L. 2122-1 à L. 2122-4 du code général de la propriété des personnes publiques prévoient que nul ne peut occuper une dépendance du domaine public sans disposer d'un titre l'y autorisant ni utiliser ce domaine en dépassant les limites du droit d'usage qui appartient à tous ;

- la mesure ne se heurte à aucune contestation sérieuse ;

- l'aire d'accueil des gens du voyage est accessible ;

- les occupants ont procédé à des branchements illicites au réseau d'électricité et d'eau qui met en danger leur sécurité et la sécurité des tiers ; une bouche à incendie a été piratée, ce qui crée un risque pour les usagers de la zone en cas d'incendie ; ils n'ont accès ni au réseau d'assainissement ni à un dispositif de collecte de déchets ; ils ne disposent d'aucune installation sanitaire.

L'ensemble des diligences ont été accomplies par le greffe pour notifier la procédure aux défendeurs qui n'ont pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code de la voirie routière ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif a désigné Mme Caraës, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 juillet 2024 à 11h50 en présence de Mme Llorach, greffière :

- le rapport de Mme Caraës, juge des référés,

- et les observations de Me Martins Da Silva, représentant la communauté de communes de Saint-Flour Communauté, qui reprend ses écritures et indique que le délai entre l'établissement du procès-verbal le 21 mai 2024 par le commissaire de justice et la saisine du juge des référés s'explique par la nécessité de prendre en compte les nouvelles références cadastrales et que le préfet entendrait accorder le concours de la force publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. La communauté de communes de Saint-Flour Communauté demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre aux occupants sans droit ni titre de libérer sans délai la parcelle cadastrée section ZS n° 25, de la zone d'activité du Rozier-Coren située à Saint-Flour dont elle est propriétaire et d'évacuer les véhicules qui y sont installés sous astreinte de 200 euros par jour de retard.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision. ".

3. Saisi sur ce fondement d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, dont l'expulsion d'occupants sans titre du domaine public, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

4. Aux termes de l'article L. 2111-1 du code général de la propriété des personnes publiques qui est entré en vigueur le 1er juillet 2006 : " Sous réserve de dispositions législatives spéciales, le domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 est constitué des biens lui appartenant qui sont soit affectés à l'usage direct du public, soit affectés à un service public pourvu qu'en ce cas ils fassent l'objet d'un aménagement indispensable à l'exécution des missions de ce service public ". Aux termes de l'article L. 2111-14 du même code : " Le domaine public routier comprend l'ensemble des biens appartenant à une personne publique mentionnée à l'article L. 1 et affectés aux besoins de la circulation terrestre, à l'exception des voies ferrées ". Aux termes de l'article L. 116-1 du code de la voirie routière : " La répression des infractions à la police de la conservation du domaine public routier est poursuivie devant la juridiction judiciaire sous réserve des questions préjudicielles relevant de la compétence de la juridiction administrative ".

5. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle en litige, sur laquelle se sont installés des occupants sans droit ni titre, constitue l'emprise des voies de circulation desservant les lots restant à vendre de la zone d'activité du Rozier-Coren située à Saint-Flour et relève de la compétence optionnelle " création, aménagement et entretien de la voirie " au titre des " voiries internes des zones d'activités économiques " de la communauté de communes de Saint-Flour Communauté qui a déclaré ces voiries d'intérêt communautaire selon le point 3 de ses statuts. Il n'est pas contesté que cette voie est ouverte à la circulation publique. Par suite, cette voie fait partie du domaine public routier en application de l'article L. 2111-14 du code général de la propriété des personnes publiques.

6. Dans ces circonstances, et quand bien même cette voie est nécessaire à l'exercice de sa compétence " développement économique ", la mesure sollicitée par la communauté de communes de Saint-Flour Communauté tendant à l'expulsion d'occupants sans titre de dépendances du domaine public routier relève de la compétence de la juridiction judiciaire.

7. La requête de la communauté de communes de Saint-Flour Communauté doit, par suite, être rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la communauté de communes de Saint-Flour Communauté est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la communauté de communes Saint-Flour Communauté et à tous les occupants de la parcelle cadastrée section ZS n° 25 de la zone d'activité du Rozier-Coren située à Saint-Flour.

Fait à Clermont-Ferrand, le 12 juillet 2024.

La juge des référés,

R. CARAËS

La République mande et ordonne au préfet du Cantal, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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