vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2401557 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | AARPI THEMIS (MAÎTRES MONTRICHARD / CIAUDO) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 juillet 2024, M. C B, représenté par la SCP Themis Avocats et Associés, demande au juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution des décisions du 11 et 13 juin 2024 par lesquelles le directeur du centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure a ordonné sa gestion menottée ;
3°) d'enjoindre au directeur du centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure de lever la gestion menottée dont il fait l'objet dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la requête est recevable dès lors que les décisions en litige constituent des décisions administratives lui faisant grief ;
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision en litige préjudicie de manière grave et immédiate à ses intérêts dès lors qu'il est systématiquement menotté et escorté par plusieurs surveillants à chaque sortie de cellule et est privé de toute sociabilité en détention ;
- la décision en litige est entachée d'un doute sérieux quant à sa légalité : elle est insuffisamment motivée, elle est entachée d'erreur d'appréciation et d'une erreur matérielle dès lors qu'elle n'est pas justifiée, que la présence de surveillants est suffisante pour prévenir tout risque pour la sécurité de l'établissement ou des personnes et la décision est disproportionnée.
Vu :
- la requête enregistrée le 10 juillet 2024 sous le n° 2401556 par laquelle le requérant demande l'annulation des décisions en litige ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code pénitentiaire ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif a désigné Mme A, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, incarcéré au centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution des " décisions des 11 et 13 juin 2024 " par lesquelles le directeur du centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure a ordonné sa gestion menottée.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du code de justice administrative : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. Pour justifier de la condition d'urgence à suspendre la décision litigieuse, exigée par les dispositions précitées, le requérant fait valoir que les effets de la décision portent atteinte à ses droits fondamentaux, notamment son droit au respect de sa dignité et qu'ils lui empêchent toute sociabilité dès lors qu'il ne peut matériellement adresser la parole à aucun détenu. Toutefois, eu égard aux conséquences de la décision dont la suspension est demandée, telles que relatées dans la note de service du 11 juin 2024 n° 275/2024, qui implique, notamment, à chaque sortie, le menottage du détenu et la présence d'un gradé et de deux agents, cette décision, qui ne modifie pas les conditions de détention de l'intéressé, ne saurait constituer, en l'absence de toutes circonstances particulières invoquées par M. B, une situation d'urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de cette décision soit suspendue. La circonstance alléguée par le requérant qu'il est privé, de fait, de toute sociabilité est uniquement liée au régime carcéral de l'intéressé et non à la gestion menottée dont il fait l'objet et dont il demande la suspension.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition tenant au doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que les conclusions aux fins de suspension de M. B, et, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction, d'astreinte, et celles relatives aux frais liés au litige, doivent être rejetées.
5. Il n'y a, en outre, pas lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B.
Fait à Clermont-Ferrand, le 12 juillet 2024.
La juge des référés,
C. A
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2401557AC
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01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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01/06/2026