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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2401581

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2401581

vendredi 19 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2401581
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I - Par la requête n°2401581, enregistrée le 12 juillet 2024, M. B A, représenté par la SCP Hillairaud et Jauvat, avocats, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler les décisions du 24 juin 2024 par lesquelles la préfète de l'Allier a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français, y a interdit son retour pour la durée de trois ans, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office ;

3°) d'enjoindre à la préfète de l'Allier de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire " dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement.

M. A soutient que,

la décision de refus de titre de séjour :

- méconnaît les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

l'obligation de quitter le territoire :

- est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

la décision de refus de départ volontaire :

- est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire ;

- est illégale dès lors que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

- est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

la décision fixant le pays d'éloignement :

- est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour, de l'obligation de quitter le territoire et du refus de délai de départ volontaire ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

l'interdiction de retour sur le territoire français :

- est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour, de l'obligation de quitter le territoire, du refus de délai de départ volontaire et de la décision fixant le pays d'éloignement ;

- n'a pas été précédée d'un examen réel et complet de sa situation ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juillet 2024, la préfète de l'Allier conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

II - Par la requête n°2401582, enregistrée le 12 juillet 2024, M. B A, représenté par la SCP Hillairaud et Jauvat, avocats, demande au tribunal d'annuler la décision du 24 juin 2024 par laquelle la préfète de l'Allier l'a assigné à résidence pour la durée de 45 jours et a fixé les modalités d'application de cette mesure.

M. A soutient que,

l'assignation à résidence :

- est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- est illégale, dès lors que l'autorité préfectorale ne démontre pas qu'il existe une perspective raisonnable d'éloignement ;

- porte une atteinte injustifiée à sa liberté d'aller et de venir ;

l'obligation de présentation périodique est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

l'interdiction de sortie du département est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juillet 2024, la préfète de l'Allier conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jurie, premier conseiller, pour statuer en application de l'article L. 776-1 et suivants du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. Jurie, magistrat désigné.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n°2401581 et n°2401582 présentent à juger des questions connexes. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. Par des décisions en date du 24 juin 2024, la préfète de l'Allier a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A, ressortissant tunisien, l'a obligé à quitter le territoire français, y a interdit son retour pour la durée de trois ans, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office. Par une décision distincte, datée du même jour, l'autorité préfectorale a assigné l'intéressé à résidence pour la durée de 45 jours et a fixé les modalités d'application de cette mesure. Le requérant demande l'annulation de ces décisions.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

4. Compte tenu de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire au titre des requêtes n°2401581 et n°2401582.

Sur l'étendue du litige :

5. Aux termes de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision./ L'étranger peut demander le bénéfice de l'aide juridictionnelle au plus tard lors de l'introduction de sa requête en annulation. / Le tribunal administratif statue dans un délai de trois mois à compter de sa saisine ". Aux termes de l'article L. 614-6 dudit code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante huit heures suivant la notification de la mesure. / Il est statué sur ce recours selon la procédure et dans les délais prévus, selon le fondement de la décision portant obligation de quitter le territoire français, aux articles L. 614-4 ou L. 614-5 ". Aux termes de l'article R. 776 17 du code de justice administrative : " Lorsque l'étranger est placé en rétention ou assigné à résidence après avoir introduit un recours contre la décision portant obligation de quitter le territoire ou après avoir déposé une demande d'aide juridictionnelle en vue de l'introduction d'un tel recours, la procédure se poursuit selon les règles prévues par la présente section. Les actes de procédure précédemment accomplis demeurent valables. L'avis d'audience se substitue, le cas échéant, à celui qui avait été adressé aux parties en application de l'article R. 776-11. / Toutefois, lorsque le requérant a formé des conclusions contre la décision relative au séjour notifiée avec une obligation de quitter le territoire, il est statué sur cette décision dans les conditions prévues à la sous-section 1 ou à la sous-section 2 de la section 2, selon le fondement de l'obligation de quitter le territoire ".

6. Il ressort des mentions de l'arrêté en litige que, pour obliger M. A à quitter le territoire français, l'autorité préfectorale s'est fondée sur les dispositions du 3° du I de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, en application des dispositions sus rappelées des articles L. 614-4 et L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, il n'appartient pas au magistrat désigné par la présidente du tribunal de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation du refus de titre de séjour attaqué. Par suite, il n'y a lieu de statuer, dans la présente instance, que sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions du 24 juin 2024, par lesquelles la préfète de l'Allier a obligé M. A à quitter le territoire français, y a interdit son retour pour la durée de trois ans, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et l'a assigné à résidence pour la durée de 45 jours.

Sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :

7. Aux termes de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ".

8. Le requérant expose qu'il a été placé à l'aide sociale à l'enfance le 28 avril 2022 à l'âge de 17 ans ; qu'après avoir réalisé un bilan " Elève allophone nouvellement arrivé " il a intégré le lycée Paul Constans à la rentrée de septembre 2022 en première année de certificat d'aptitude professionnelle (CAP) " interventions en maintenance technique des bâtiments " ; qu'il reconnaît certaines absences qui s'expliquent notamment par le fait que cette discipline ne l'a pas intéressé autant qu'il l'aurait pensé ; que compte tenu des bouleversements rencontrés dans sa vie, un temps d'adaptation était nécessaire et légitime ; qu'il n'a pas redoublé et est passé en seconde année de CAP à la rentrée de septembre 2023, ce qui n'aurait pas été possible en l'absence d'investissement et de travail ; qu'il souhaiterait désormais se former dans les métiers de la mécanique et a débuté le 18 juin 2024 une formation auprès de l'école de la deuxième chance, dont l'objectif est notamment de préparer un projet professionnel par l'accomplissement de stages et qu'il est très investi dans cette formation. Toutefois, il ressort des pièces du dossier et n'est pas contesté par M. A que selon les mentions de ses bulletins scolaires de l'année 2022-2023, il totalise 91 demi-journées d'absences dont 79 non justifiées et que la plupart de ses professeurs déplorent son manque de sérieux, une attitude souvent inappropriée en cours, un défaut d'assiduité, d'investissement et de concentration nuisant à la qualité de ses études et des absences trop répétées pour permettre une évaluation réellement significative. Dès lors et en dépit de son passage en seconde année de CAP, le suivi de sa formation par M. A ne peut être regardé comme revêtant un caractère réel et sérieux. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

9. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

10. M. A fait valoir qu'il est présent depuis deux ans sur le territoire français et a, durant cette période, constitué des liens intenses et forts en France et que si ses parents résident en Tunisie, les tensions avec son père rendent son retour inconcevable. Toutefois, le requérant ne conteste pas les mentions de l'arrêté en litige selon lesquelles il est célibataire et sans enfant. En outre, si l'intéressé se prévaut de sa durée de présence sur le territoire français, il n'en demeure pas moins que cette dernière revêtait un caractère récent à la date de la décision attaquée. Par ailleurs, aucun des éléments soumis à l'appréciation du tribunal ne tend à corroborer la réalité des liens que l'intéressé invoque avoir établis en France. Ainsi, aucune des pièces du dossier ne tend à laisser penser que le requérant entretiendrait des liens intenses, anciens ou stables sur le territoire français. Enfin, l'intéressé n'est pas dépourvu d'attache familiale dans son pays d'origine où résident ses parents. Il suit de là que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, le refus de titre de séjour édicté à l'encontre de M. A ne peut être regardé comme ayant porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts poursuivis par cette mesure. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'autorité préfectorale, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, aurait méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

11. Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'exception d'illégalité du refus de titre de séjour soulevé contre l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

12. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 7 à 10 du présent jugement, il y a lieu d'écarter les moyens soulevés contre l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de M. A, tirés d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette mesure sur sa situation personnelle et de la méconnaissance des stipulations de l'articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur la légalité du refus de délai de départ volontaire :

13. Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'exception d'illégalité du refus de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français soulevé contre le refus de délai de départ volontaire doit être écarté.

14. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : /1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public () ".

15. M. A ne conteste pas les observations en défense de la préfète de l'Allier selon lesquelles, le 23 avril 2023 il a été interpellé pour des faits de vol, aggravés pour avoir été commis sur une personne mineure et avec violence. En outre, il ressort des pièces du dossier que ces faits ont entraîné la convocation de l'intéressé pour une composition pénale devant le délégué du procureur de la République de Montluçon le 17 mai 2023 dont il indique dans ses propres écritures qu'elle a été renvoyée et qu'une nouvelle convocation doit lui être transmise aux mêmes fins. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'en relevant que son comportement constituait une menace pour l'ordre public, la préfète de l'Allier aurait méconnu les dispositions précitées de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Sur la légalité de la décision fixant le pays d'éloignement :

16. Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'exception d'illégalité du refus de titre de séjour, de l'obligation de quitter le territoire français et du refus de délai de départ volontaire soulevé contre la décision fixant le pays d'éloignement doit être écarté.

17. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 10 du présent jugement, il y a lieu d'écarter le moyen soulevé contre la décision fixant le pays d'éloignement, tiré de la méconnaissance des stipulations de l'articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur la légalité de l'interdiction de retour sur le territoire français :

18. Il ne ressort pas des pièces du dossier que, préalablement à l'édiction de l'interdiction de retour en litige, l'autorité préfectorale n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. A. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen réel et complet doit être écarté.

19. Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

20. Le requérant fait valoir que la durée d'interdiction de retour de trois ans est manifestement excessive dès lors qu'il n'avait pas fait l'objet d'une mesure d'éloignement jusque-là et qu'il peut se prévaloir des " difficultés rencontrées dans son pays d'origine " ainsi que " de circonstances humanitaires ". Toutefois, compte tenu de ce qui a été précédemment énoncé aux points 10 et 15 du présent jugement, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en fixant à trois ans la durée d'interdiction de retour de M. A sur le territoire français, la préfète de l'Allier aurait méconnu les dispositions précitées de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Sur la légalité de l'assignation à résidence :

21. Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français soulevé contre l'assignation à résidence doit être écarté.

22. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable () ".

23. Le requérant soutient que l'autorité préfectorale ne démontre pas que son éloignement constitue une perspective raisonnable. Toutefois, M. A ne précise pas dans ses écritures en quoi cette perspective ferait concrètement défaut alors qu'aucun des éléments du dossier ne tend à caractériser un tel défaut. Par suite, ce moyen doit être écarté.

24. Le requérant soutient que l'assignation à résidence en litige constitue une atteinte injustifiée à sa liberté d'aller et de venir. Toutefois, M. A n'expose pas dans ses écritures en quoi consisterait concrètement l'atteinte dont il fait état au regard de sa situation personnelle. Par suite, ce moyen n'est pas assorti des précisions permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé et doit, pour ce motif, être écarté.

Sur la légalité des modalités d'application de l'assignation à résidence :

25. Pour les mêmes motifs que ceux précédemment énoncés au point 24 du présent jugement, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de présentation périodique aux services de police et l'interdiction de sortie du département de l'Allier seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.

26. Il résulte de tout ce qui précède, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A dans les requêtes n°2401581 et n°2401582 doivent être rejetées et, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire au titre des requêtes n°2401581 et n°2401582.

Article 2 : Le jugement des conclusions tendant à l'annulation de la décision en date du 24 juin 2024 de refus de délivrance d'un titre de séjour à M. A et, en tant qu'elles s'y rattachent, des conclusions accessoires, sont renvoyées devant une formation collégiale du tribunal administratif de Clermont-Ferrand.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A à la préfète de l'Allier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

G. JURIE

Le greffier,

D. MORELIÈRE

La République mande et ordonne à la préfète de l'Allier en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2401581 et N°240158

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