mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2401585 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 juillet 2024, Mme B A, représentée par Me Gninafon, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour dans un délai de quarante-huit heures à compter de la décision à intervenir, puis des attestations de prolongation de l'instruction de sa demande de renouvellement sans nécessité de demande de sa part ;
2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme d'examiner sa demande de renouvellement de titre de séjour dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que son employeur a décidé de suspendre son contrat de travail depuis le 21 juin 2024 ; elle se retrouve ainsi sans ressources ;
- l'absence de récépissé de demande de demande de titre de séjour porte atteinte à sa liberté d'aller et venir et méconnait les articles R. 311-4, R. 311-5, R. 311-6 et R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
3. Mme A soutient que, du fait de l'expiration, le 21 juin 2024, de son dernier récépissé de demande de titre de séjour, elle se trouve dans une situation de précarité. Elle indique que son contrat de travail a été suspendu le 21 juin 2024, la privant de toute rémunération et l'empêchant de pourvoir à son entretien et à l'éducation de son enfant. Toutefois, les circonstances alléguées par la requérante, au demeurant non justifiées, ne permettent pas d'établir qu'elle se trouverait en l'espèce dans une situation telle qu'elles caractérisaient une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative justifiant que le juge des référés prenne dans les brefs délais prévus par ces dispositions une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale. Par suite, la condition d'urgence prévue par ces dernières dispositions ne peut être regardée comme étant remplie en l'espèce.
4. Par ailleurs, Mme A semble fonder sa demande, à titre subsidiaire, sur les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Toutefois, les demandes présentées devant le juge des référés statuant en urgence sont régies par les articles L. 521-1, L. 521-2 et L. 521-3 du code de justice administrative et sont instruites et jugées selon des règles différentes, suivant qu'elles s'appuient sur l'un ou l'autre de ces articles. Par suite, elles ne peuvent pas être présentées simultanément dans une même requête et il appartient à la requérante de préciser la seule procédure de référé sur le fondement de laquelle elle présente sa requête sous peine d'irrecevabilité de la demande.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A est manifestement irrecevable et doit être rejetée sur le fondement des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Clermont-Ferrand, le 16 juillet 2024.
La juge des référés,
C. BENTÉJAC
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No2401585JC
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