jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2401609 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 juillet 2024, Mme C, représentée par Me Bingol Coskun, avocat, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail dans le délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence fixée par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est remplie, dès lors qu'elle a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour en sa qualité de membre de famille d'un réfugié et que depuis le 30 juin 2024 elle subit une suspension de ses missions de travail ainsi qu'une radiation de la liste des demandeurs d'emplois ;
- la situation dans laquelle elle se trouve caractérise une atteinte grave et manifestement illégale à son droit d'exercer une activité professionnelle, à son droit au respect de sa vie privée et familiale ainsi qu'à sa liberté d'aller et de venir.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Jurie, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante sri lankaise, disposait d'une carte de résident en qualité de membre de la famille d'un bénéficiaire de l'asile, dont la validité expirait le 30 juin 2024. Elle fait valoir qu'en dépit d'une demande de renouvellement de ce titre de séjour, aucun récépissé ne lui a été remis concernant cette demande. Par sa requête, Mme B demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre à l'autorité préfectorale de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 dudit code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. Une demande présentée au titre de la procédure instaurée par les dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale dans les quarante-huit heures.
4. Pour justifier de l'urgence s'attachant à l'intervention du juge des référés dans un délai de quarante-huit heures, Mme B expose que depuis le 30 juin 2024 elle subit une suspension de ses missions de travail ainsi qu'une radiation de la liste des demandeurs d'emplois ce qui porte gravement atteinte à son droit d'exercer une activité professionnelle et qu'elle se trouve également dans une situation qui porte gravement atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale ainsi qu'à sa liberté d'aller et de venir. Toutefois, ces circonstances, aussi regrettables qu'elles soient, ne sont pas, à elles seules, de nature à justifier de l'existence d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention du juge des référés dans les quarante-huit heures. Au surplus, si Mme B produit un avis de réception portant un tampon de la préfecture du Puy-de-Dôme en date du 19 avril 2024, elle ne produit aucun élément permettant de corroborer que cet avis correspondrait au dépôt de son dossier de renouvellement de titre de séjour, lequel n'est pas davantage produit devant le juge des référés.
5. Il suit de là que Mme B ne justifie pas de l'urgence conditionnant la mise en œuvre des pouvoirs dont le juge des référés est investi, en vertu des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en vue d'assurer la sauvegarde d'une liberté fondamentale.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte de requérante et, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C.
Copie en sera transmise, pour information, au préfet du Puy-de-Dôme.
Fait à Clermont-Ferrand, le 18 juillet 2024.
Le juge des référés,
G. JURIE
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2401609
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