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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2401624

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2401624

vendredi 19 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2401624
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 juillet 2024, Mme B A et M. C A, représentés par Me Veauvy, avocat, demandent au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du 28 mai 2024 par laquelle la commission académique a rejeté leur recours administratif préalable obligatoire dirigé contre la décision de refus d'autoriser l'instruction dans la famille de l'enfant Albert A ;

2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Clermont-Ferrand, à titre principal, de leur délivrer l'autorisation d'instruction dans la famille de l'enfant Albert A, dans un délai ne dépassant pas quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de réexaminer la situation de l'enfant Albert A dans un délai ne dépassant pas quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre la somme de 3 000 euros à la charge de l'Etat en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme et M. A soutiennent que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que leur enfant n'a jamais été scolarisé ; que cette solution présenterait des difficultés en raison de l'obligation d'organiser trois modes différents de scolarisation au sein de la même fratrie ; que la scolarisation de leur enfant serait contraire à son intérêt supérieur et qu'il résulte des dispositions de l'article L. 131-5-1 du code de l'éducation que, dès lors qu'un enfant reçoit l'instruction dans la famille sans autorisation, les personnes qui en sont responsables sont tenues de l'inscrire dans un établissement dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la mise en demeure prévue à cet effet, sous peine de sanction pénale ;

- le refus d'autorisation d'instruction dans la famille :

* est entaché d'erreur d'appréciation, dès lors notamment que sur une durée de près de 12 ans d'instruction en famille, les bilans des inspections ont tous été favorables et les résultats des 5 frères et sœur de l'enfant en âge d'être scolarisés sont excellents et que la scolarisation d'Albert A équivaudrait à un redoublement qui n'aurait aucun sens et serait contraire à son intérêt supérieur ;

* est entaché d'erreur de droit dès lors que, la commission académique s'est fondée sur les postulat péremptoires et non démontrés tenant à ce que " l'offre de scolarisation dans le secteur répond à la situation de l'enfant " et à " l'importance que revêt la scolarisation en établissement scolaire pour la socialisation des enfants " ;

* est illégal, dès lors que la commission académique aurait dû rechercher, au regard de la situation d'Albert A, des particularités de sa progression et des pièces qui lui ont été transmises, quels sont les avantages et les inconvénients pour lui d'être instruit dans un établissement d'enseignement ou dans la famille, en vue de retenir la forme d'instruction la plus conforme à son intérêt.

Vu :

- la requête enregistrée le 16 juillet 2024 sous le n° 2401623 par laquelle les requérants demandent l'annulation de la décision en litige ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jurie, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 511-1 du même code : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience, lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Aucun des moyens invoqués par Mme et M. A à l'encontre de la décision du 28 mai 2024 rejetant leur recours administratif dirigé contre la décision de refus d'autoriser l'instruction dans la famille de l'enfant Albert A n'est manifestement de nature, au vu de la demande, à créer un doute sérieux sur la légalité de cette décision. Il y a lieu, par suite, de rejeter la requête de Mme et M. A selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme et M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme et M. A.

Fait à Clermont-Ferrand, le 19 juillet 2024.

Le juge des référés,

G. JURIE

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

N°2401624

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