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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2401633

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2401633

vendredi 19 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2401633
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 juillet 2024, M. A B demande au juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au président de l'université Clermont-Auvergne de lui verser, dans les meilleurs délais, un rappel de revenus correspondant à l'intégralité des salaires qui lui sont dus depuis le mois de juin 2021 ;

2°) de mettre en œuvre, dans les meilleurs délais, les mesures propres à régler sur le fond les contentieux visant à faire cesser le harcèlement moral dont il s'estime victime et à rétablir sa liberté fondamentale de ne pas subir de harcèlement ou de travail forcé.

M. B soutient que :

- compte tenu de la situation dans laquelle il se trouve, notamment du fait de son employeur, la condition d'urgence est remplie ;

- la situation dans laquelle il se trouve caractérise une atteinte grave et manifestement illégale à des libertés fondamentales et notamment à ses " droits et libertés économiques, sociaux et civiques ", à son droit de ne pas subir de traitements inhumains ou dégradants, à sa liberté de ne pas être astreint à accomplir un travail forcé, à son droit à exercer un recours effectif et à son droit à être convenablement représenté devant une juridiction.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jurie, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 dudit code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Une demande présentée au titre de la procédure instaurée par les dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale dans les quarante-huit heures.

3. Pour justifier de l'urgence s'attachant à l'intervention du juge des référés dans un délai de quarante-huit heures, M. B expose qu'il a adressé plusieurs demandes à l'université Clermont Auvergne, notamment par des courriers datés des 14 novembre 2020, 16 décembre 2020 et 18 janvier 2021 qui sont demeurés sans réponse et que son employeur procède illégalement à une retenue sur son traitement depuis le mois de juin 2021. Toutefois, l'absence de réponse à des courriers datés des 14 novembre 2020, 16 décembre 2020 et 18 janvier 2021 n'est pas, à elle seule, de nature à justifier de l'existence d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention du juge des référés dans les quarante-huit heures. En outre et en tout état de cause, aucun des éléments du dossier ne tend à corroborer que les agissements que M. B impute à son employeur porteraient une atteinte suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à sa situation ou aux intérêts qu'il entend défendre.

4. Il suit de là que M. B ne justifie pas de l'urgence conditionnant la mise en œuvre des pouvoirs dont le juge des référés est investi, en vertu des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en vue d'assurer la sauvegarde d'une liberté fondamentale. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Clermont-Ferrand, le 19 juillet 2024.

Le juge des référés,

G. JURIE

La République mande et ordonne à la préfète de l'Allier en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

N°2401633

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