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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2401671

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2401671

vendredi 26 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2401671
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 juillet 2024, Mme A B demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'avis de sommes à payer émis le 12 septembre 2022 par la commune de Saint-Pal-de-Mons d'un montant de 14 000 euros pour le recouvrement d'une participation financière à l'assainissement collectif.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence lui semble être remplie dès lors que l'agent comptable lui a indiqué que le recouvrement forcé de la somme de 14 000 euros serait repris à compter du 1er septembre prochain ;

- le vendeur d'une parcelle dépourvue de construction ne peut être assujetti à la participation pour le financement de l'assainissement collectif prévue à l'article L. 1331-7 du code de la santé publique.

Vu :

- la requête enregistrée sous le n° 2202358 par laquelle Mme B demande l'annulation de l'avis de sommes à payer en litige ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Panighel, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. D'une part, aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " () 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / Toutefois, l'introduction devant une juridiction de l'instance ayant pour objet de contester le bien-fondé d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local suspend la force exécutoire du titre () ".

3. D'autre part, la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

4. En application des dispositions citées au point 2, l'exécution d'un titre exécutoire est suspendue lorsque le débiteur a introduit un recours contentieux contestant le bien-fondé de la créance. En l'espèce, il résulte de l'instruction que Mme B a saisi le tribunal administratif de Clermont-Ferrand d'une requête au fond, enregistrée le 4 novembre 2022 sous le numéro 2202358, tendant à l'annulation de l'avis de sommes à pays émis à son encontre le 12 septembre 2022 par la commune de Saint-Pal-de-Mons. Dès lors, les conclusions de Mme B tendant à ce que le juge des référés ordonne la suspension de cet avis de sommes à payer sont sans objet et, par suite, entachées d'une irrecevabilité manifeste. Par ailleurs, Mme B n'établit pas la réalité de ses allégations selon lesquelles l'agent chargé du recouvrement l'a informée que le recouvrement forcé de la créance correspondante serait " réactivé " à compter du 1er septembre 2024. Au demeurant, et en tout état de cause, Mme B ne fournit aucune précision concernant sa situation financière et patrimoniale qui permettrait de se prononcer sur les difficultés financières éventuelles résultant du recouvrement de la somme en litige et de nature à caractériser une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de Mme B selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Clermont-Ferrand, le 26 juillet 2024.

Le juge des référés,

L. PANIGHEL

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2401671

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