vendredi 26 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2401675 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 juillet 2024, M. A B demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté préfet de la Haute-Loire du 4 juin 2024 relatif à l'ouverture et à la clôture de la chasse pour la campagne 2024-2025 dans le département de la Haute-Loire.
M. B soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'arrêté attaqué prévoit la période d'ouverture de la chasse au chevreuil et au sanglier le 1er juin 2024 et que des accidents peuvent subvenir à l'occasion de tirs qui seront inévitablement réalisés à direction des lieux et sites visés à l'article 3 de l'arrêté préfectoral n° 2010-34 du 12 avril 2010 réglementant l'usage des armes à feu dans le département de la Haute-Loire, compte tenu de la portée des carabines pouvant dépasser cinq kilomètres ;
- l'arrêté attaqué est illégal en raison de l'illégalité de l'article 3 de l'arrêté du préfet de la Haute-Loire du 12 avril 2010, les dispositions de cet article ayant pour conséquence d'interdire l'activité de chasse au grand gibier sur l'ensemble du territoire de la Haute-Loire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Panighel, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
3. L'arrêté du préfet de la Haute-Loire du 4 juin 2024 relatif à l'ouverture et la clôture de la chasse pour la campagne 2024-2025 dans le département de la Haute-Loire dont M. B demande la suspension de l'exécution, prévoit notamment, en son article 6, qu'au titre de la sécurité publique, doivent être respectées les dispositions de l'arrêté préfectoral n° 2010-34 du 12 avril 2010 réglementant l'usage des armes à feu dans le département de la Haute-Loire. L'article 3 de cet arrêté du 12 avril 2010 interdit à toute personne placée à portée de fusil de tirer dans la direction ou au-dessus des habitation particulières (y compris remises et jardins s'y rattachant et les caravanes), des bâtiments d'élevage, des stades, lieux de réunions publiques en général, des bâtiments et constructions dépendant des aéroports, des voies ouvertes à la circulation publique, des voies ferrées, des lignes de transport électrique ou téléphonique ou de leurs supports et des panneaux de signalisation routière. M. B demande au juge des référés la suspension de l'exécution de l'arrêté du 4 juin 2024 en ce qu'il est pris pour l'application des dispositions illégales de l'article 3 de l'arrêté du 12 avril 2010, qui ont pour conséquence effective d'interdire la pratique de la chasse au grand gibier dans l'ensemble du département de la Haute-Loire.
4. Pour justifier l'urgence qu'il y aurait à suspendre l'arrêté contesté, M. B se borne à faire valoir que la chasse au grand gibier (chevreuil, sanglier) est ouverte depuis le 1er juin 2024 en vertu de cet arrêté, et qu'à ce titre, des tirs à la carabine, d'une portée pouvant atteindre 5 kilomètres, seront " inévitablement " effectués en direction des lieux et sites visés à l'article 3 de l'arrêté préfectoral du 12 avril 2010. Il soutient en outre qu'en raison de la présence importante de chemins ouverts à la circulation publique, un accident mortel peut subvenir, préjudiciant ainsi de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public. Toutefois, les dispositions contestées de l'article 3 de l'arrêté du 12 avril 2010, ont justement pour objet de préserver la sécurité publique en interdisant les tirs en direction ou au-dessus des lieux et sites potentiellement occupés et cités au point 3. Les circonstances invoquées par M. B selon lesquelles il est impossible de pratiquer la chasse au grand gibier sans méconnaître les prescriptions de cet article ne sont pas établies. Elles ne caractérisent pas, dans ces conditions, une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté, sa requête ne peut qu'être rejetée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à A B.
Fait à Clermont-Ferrand, le 26 juillet 2024.
Le juge des référés,
L. PANIGHEL
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°2401675
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