lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2401687 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 juillet 2024, la société civile immobilière (SCI) du Fer, représentée par la SELARL Environnement droit public, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 juin 2024 par laquelle le syndicat des eaux Loire Lignon a rejeté sa demande préalable tendant au remboursement des sommes mises à sa charge par le juge des référés du tribunal judiciaire du Puy-en-Velay le 25 mai 2023 pour la réparation des conséquences de la pollution aux polychlorobiphényles de la station d'épuration de la Rouchouse située à Sainte-Sigolène ;
2°) de fixer le montant des sommes devant rester à la charge du syndicat des eaux Loire Lignon ;
3°) de condamner le syndicat des eaux Loire Lignon à rembourser les sommes indument perçues ;
4°) de mettre à la charge du syndicat des eaux Loire Lignon la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Gilles Jurie, premier conseiller, pour statuer en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ".
2. D'une part, la SCI du Fer demande au tribunal d'annuler la décision du 3 juin 2024 par laquelle le syndicat des eaux Loire Lignon a rejeté sa demande préalable tendant au remboursement des sommes mises à sa charge par le juge des référés du tribunal judiciaire du Puy-en-Velay le 25 mai 2023 pour la réparation des conséquences de la pollution aux polychlorobiphényles de la station d'épuration de la Rouchouse située à Sainte-Sigolène. Toutefois, cette décision n'a eu pour seul effet que de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande de la société requérante qui, en formulant des conclusions indemnitaires, leur a donné le caractère de conclusions de plein contentieux. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation de cette décision sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. ".
4. Au soutien de ses conclusions indemnitaires, qui ne sont en tout état de cause pas chiffrées, si la SCI du Fer soutient que le syndicat des eaux Loire Lignon, dans sa décision du 3 juin 2024 précitée, ne tire aucune conséquence de ce que ses arguments sont identiques à ceux présentés devant le juge judiciaire, il résulte toutefois de ce qui précède que ladite décision n'a eu pour effet que de lier le contentieux, si bien que les vices propres dont elle serait entachée sont sans incidence sur la solution du litige. Par ailleurs, la société requérante se borne à se prévaloir de ce que " certaines fautes " peuvent être attribuées au syndicat des eaux Loire Lignon dans la gestion de la pollution aux polychlorobiphényles en litige, et que sa créance, certaine, liquide et exigible provient de l'ordonnance précitée du juge des référés du tribunal judiciaire du Puy-en-Velay, confirmée par la cour d'appel de Riom dans un arrêt du 10 janvier 2024. Toutefois, ce faisant, la société requérante, qui n'a présenté aucun autre mémoire avant l'expiration du délai de recours contentieux, lequel a au plus tard commencé à courir à compter de l'enregistrement de la requête au greffe du tribunal, le 20 juillet 2024, n'assortit manifestement pas ses allégations de précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SCI du Fer doit être rejetée par application des dispositions des 4° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société civile immobilière du Fer est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société civile immobilière (SCI) du Fer.
Fait à Clermont-Ferrand, le 23 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
G. JURIE
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Loire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.JC
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