samedi 27 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2401736 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 juillet 2024, M. A B doit être regardé comme demandant au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article
L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution du rapport établi le
16 juillet 2024 par le commandant du groupement de gendarmerie départementale du Cantal sollicitant sa mutation d'office dans l'intérêt du service.
Il soutient que :
- l'urgence est avérée car il doit effectuer une fiche de vœux de mutation sous huit jours francs à compter du 24 juillet ;
- la mutation d'office dans l'intérêt du service " n'est pas suspensive de l'exécution de la décision sauf en cas de référé suspension qui permet au juge administratif de statuer sur le fond du litige " ;
- il ne peut pas garder ses enfants sans logement adapté et sa mutation entraînerait la fin de sa carrière pour éviter d'être éloigné de ses enfants de 9 et 6 ans ;
- la décision attaquée est disproportionnée et injustifiée ;
- contrairement aux motifs de la demande de mutation, il présente l'indépendance suffisante pour exercer ses fonctions puisqu'il n'a pas perdu la confiance du parquet ni son habilitation d'officier de police judiciaire ; en outre, s'il est mentionné qu'il a perdu la confiance de sa hiérarchie, il est mentionné dans ses diverses notations qu'il conserve la confiance de cette dernière ; enfin, son comportement ne perturbe pas le fonctionnement normal de l'unité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Panighel, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Selon l'article R. 522-1 du même code : " () / A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ". Enfin, l'article L. 522-3 dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. M. B, maréchal des logis chef affecté à la brigade motorisée d'Ytrac (Cantal), qui a coché la case référé lors du dépôt de sa requête par le biais de l'application télérecours citoyens, évoque l'urgence à statuer sur sa demande en employant le terme " référé suspension ", produit un rapport sollicitant sa mutation d'office dans l'intérêt du service et conteste la légalité de cette demande, doit être regardé comme demandant au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de ce rapport. Toutefois, à la date de la présente ordonnance, M. B n'a pas introduit de requête distincte de sa requête en référé, à fin d'annulation de la décision dont la suspension est demandée. La requête est, dans ces conditions, irrecevable conformément aux dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
3. Au surplus, l'acte dont M. B demande la suspension de l'exécution n'est pas une décision prononçant sa mutation d'office, laquelle doit au demeurant faire l'objet d'un recours administratif obligatoire préalablement à la saisine du tribunal en vertu de l'article
R. 4125-1 du code de la défense, mais seulement un rapport de sa hiérarchie proposant au commandant de la région de gendarmerie Auvergne-Rhône-Alpes sa mutation d'office dans les meilleurs délais. Un tel acte ne revêt pas le caractère d'une décision administrative susceptible de faire grief au requérant de sorte que la requête est également irrecevable pour ce second motif.
4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. B selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Clermont-Ferrand, le 27 juillet 2024.
Le juge des référés,
L. PANIGHEL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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