jeudi 8 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2401920 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 août 2024, M. A D B, représenté par Me Faure Cromarias, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer, à titre principal, une convocation dans un délai de vingt-quatre heures afin de se voir délivrer son titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, un récépissé de demande de carte de séjour assorti d'une autorisation de travail dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat au profit de son conseil la somme de 1 000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat cette somme sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que le rendez-vous qu'il a obtenu auprès des services de la préfecture du Puy-de-Dôme afin d'obtenir son titre de séjour a été fixé au 6 septembre 2024 ; dans l'attente, il ne justifie pas de la régularité de son séjour sur le territoire français et n'est pas autorisé à travailler : son contrat de travail est, de ce fait, suspendu depuis le 3 août 2024 ; il est privé de la possibilité de travailler et n'est plus en mesure de percevoir des ressources financières alors que son titre de séjour est disponible dans les locaux de la préfecture depuis près de trois semaines ; il souffre de problèmes de santé qui sont susceptibles d'être aggravés par le stress engendré par cette situation ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir, à son droit au travail et à son droit à mener une vie privée et familiale.
M. B a déposé une demande d'aide juridictionnelle en date du 6 août 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif a désigné Mme C, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
3. Pour établir que les conditions relatives au référé visant à la sauvegarde d'une liberté fondamentale sont remplies, M. B fait valoir qu'il est dans l'impossibilité de justifier de la régularité de son séjour en France et de travailler, du fait que le rendez-vous obtenu via la plateforme internet mise en place par la préfecture pour retirer son titre de séjour n'a pu être fixé qu'au 6 septembre 2024, alors que son dernier récépissé de demande de renouvellement est expiré depuis le 2 août 2024. Toutefois, il résulte de l'instruction que le préfet du Puy-de-Dôme a adressé un courrier à M. B le 18 juillet 2024, l'informant que sa demande était admise et qu'il était invité à venir retirer son titre de séjour en préfecture en prenant rendez-vous en ligne. Ce courrier, accompagné de l'attestation de confirmation de rendez-vous, lui permettent de justifier de la régularité de son séjour dans l'attente. Par ailleurs, le requérant ne justifie pas d'une demande adressée à la préfecture en vue de l'avancement de son rendez-vous en faisant valoir l'urgence de sa situation. Dans ces conditions, et alors même que son employeur a décidé de procéder à la suspension de son contrat de travail en l'absence de production d'un titre de séjour, le requérant ne justifie pas d'une situation d'urgence nécessitant qu'à très bref délai le juge des référés prescrive des mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle la préfecture du Puy-de-Dôme aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
5. En outre, il n'y a pas lieu d'admettre le requérant à l'aide juridictionnelle provisoire.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A D B.
Fait à Clermont-Ferrand, le 8 août 2024.
La juge des référés,
N. C
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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