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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2401928

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2401928

jeudi 8 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2401928
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantFAURE-CROMARIAS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Clermont-Ferrand, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A. Ce dernier demandait, en urgence, qu'il soit enjoint au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un dossier médical pour l'OFII et un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail. Le juge estime que la condition d'urgence n'est pas remplie, car la demande de renouvellement de titre de séjour, déposée le 16 février 2024, n'a pas encore donné lieu à une décision implicite de rejet au terme du délai de quatre mois prévu par l'article R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par conséquent, l'administration n'a pas porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés invoquées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 août 2024, M. B A, représenté par Me Faure Cromarias, demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme, dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, de lui délivrer le dossier médical destiné au collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ainsi qu'un récépissé de demande de titre de séjour assorti d'une autorisation de travail, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au profit de son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, à son profit, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il a déposé une demande de renouvellement de titre de séjour auprès des services de la préfecture du Puy-de-Dôme dont il est sans nouvelle et qu'il ne lui a été délivré qu'une attestation de dépôt n'attestant pas de la régularité de son séjour ; il ne dispose d'aucune ressources ; il souffre de multiples problèmes de santé sévères ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir, à son droit au travail et à son droit à mener une vie privée et familiale normale ; sa demande n'a pas été examinée dans des délais raisonnables, ce qui caractérise une telle atteinte.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif a désignée Mme C, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 dudit code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

3. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois () ". Aux termes de l'article R. 431-15-1 de ce code : " Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. / Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande () ". Aux termes de l'article R. 431-15-2 dudit code : " () / L'attestation de prolongation de l'instruction d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour permettant l'exercice d'une activité professionnelle autorise son titulaire à exercer une activité sur le territoire de la France métropolitaine dans le cadre de la réglementation en vigueur ".

4. Il résulte de l'instruction que, le 16 février 2024, M. A a déposé une demande de renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle mention " vie privée et familiale ", dont la validité expirait le 11 juin 2024, via le téléservice visé par les dispositions précitées. A cette occasion le téléservice lui a délivré une confirmation de dépôt ne valant pas preuve de régularité de son séjour et ne préjugeant pas du caractère complet de sa demande ni de son bien-fondé. Si le requérant fait valoir qu'aucune attestation de prolongation d'instruction de sa demande ne lui a été adressée par la suite ni aucun récépissé, les dispositions précitées n'obligent le service à délivrer cette attestation, ainsi qu'un récépissé, permettant à l'intéressé d'attester de la régularité de son séjour au-delà de l'expiration de son titre de séjour, que dans le cas où une demande complète a été déposée dans le respect des délais. A défaut, l'étranger doit considérer que sa demande a été implicitement rejetée au terme d'un délai qui est en principe de quatre mois suivant le dépôt de sa demande. Par ailleurs, le renouvellement du titre de séjour est soumis à l'examen de ses conditions de délivrance et par conséquent, ne constitue pas un droit automatique pour l'étranger.

5. En l'espèce, le requérant ne justifie pas que sa demande serait toujours en cours d'instruction sans avoir fait naître une décision implicite de rejet. Dans ces conditions, le préfet du Puy-de-Dôme ne peut être regardé comme ayant porté à l'encontre de M. A une quelconque atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale en ne délivrant pas au requérant un récépissé de demande de renouvellement de son titre au-delà du délai d'instruction initial, de même qu'un dossier médical.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera transmise, pour information, au préfet du Puy-de-Dôme.

Fait à Clermont-Ferrand, le 8 août 2024.

La juge des référés,

N. C

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2401928

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