mardi 13 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2401970 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 août 2024, Mme C A B demande au juge des référés d'enjoindre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, au préfet du Puy-de-Dôme, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ou une attestation de prolongation d'instruction.
Elle soutient que :
- la condition de l'urgence est remplie dès lors que sans renouvellement de son récépissé, elle ne peut signer de protocole avec un club ni signer la proposition d'embauche dont elle bénéficie ; elle ne peut pas justifier de son droit au séjour ; sa carrière sportive et son avenir professionnel sont compromis ; elle n'a plus de revenus depuis juin 2023 ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'elle n'a pu obtenir de récépissé ou d'attestation de prolongation d'instruction malgré les nombreuses démarches réalisées en ce sens ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Bollon, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Il résulte de ces dispositions que le juge des référés, saisi d'une demande sur le fondement de ces dispositions, peut prescrire toutes mesures ayant un caractère provisoire ou conservatoire, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence, ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
2. En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. () ".
4. Mme A B, ressortissante camerounaise, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ou une attestation de prolongation d'instruction. Si Mme A B a déposé une demande de titre de séjour sur le site internet dédié le 12 février 2024, cette demande a toutefois été clôturée le 21 mai 2024, le service instructeur informant la requérante que la demande de titre de séjour portant la mention " visiteur " déposée n'était pas adaptée et qu'elle devait demander le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " salarié ". La seule production de la preuve de dépôt d'un courrier destiné à la préfecture du Puy-de-Dôme du 24 juin 2024 ne permet cependant pas d'établir que la demande de titre de séjour de Mme A B a été enregistrée par les services de la préfecture ni, en tout état de cause, qu'elle a déposé une demande de titre de séjour complète. Dans ces conditions, la demande présentée par Mme A B se heurte à une contestation sérieuse.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme A B doivent être rejetées en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A B.
Fait à Clermont-Ferrand, le 13 août 2024.
La juge des référés,
L. BOLLON
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2401970JC
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