lundi 9 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2402014 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | LELONG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 15 et 29 août 2024, M. B A, représenté par la SELARL Lelong Duclos Avocats, Me Lelong, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 2 août 2024 par laquelle le préfet du Cantal a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
3°) d'annuler l'arrêté du 2 août 2024 par lequel le préfet du Cantal l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours avec l'obligation de se présenter du lundi au vendredi aux services de police d'Aurillac ;
4°) d'enjoindre au préfet du Cantal de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans un délai de 10 jours à compter du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ou en cas d'attribution de l'aide juridictionnelle, sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sous réserve que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Il soutient que :
Sur la décision portant refus de séjour :
- elle est entachée d'incompétence ; en effet, la signature de l'auteur de la décision attaquée est illisible et l'existence d'une délégation de signature n'est pas établie ;
- elle est insuffisamment motivée ; en effet, le rapport de la police aux frontières du 29 mai 2024 n'est pas joint alors même qu'il constitue l'élément fondamental motivant en fait la décision portant refus de séjour et les décisions subséquentes ; en l'absence de ce rapport, il ne peut se défendre utilement et comprendre ce qui lui est reproché ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen approfondi de sa situation ; en effet, le refus de titre de séjour omet de mentionner les éléments de son intégration réelle et sérieuse au sein de la société française que l'existence d'une procédure pénale en cours pour faux ne suffit pas à contredire ; par ailleurs, il n'est pas fait mention de ce que sa sœur, entrée en France avant ses 13 ans, a présenté une demande de titre de séjour qui est en cours d'instruction, que sa mère est de nationalité angolaise et que son frère est de nationalité états-unienne rendant impossible une reconstitution familiale en République démocratique du Congo ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de fait dès lors que les éléments avancés par l'autorité préfectorale ne sont pas suffisants pour contredire la validité des informations contenues dans les documents d'état civil qu'il produit et qui sont corroborées par l'ensemble des pièces qu'il produit ; par ailleurs, l'autorité préfectorale aurait dû contacter l'ambassade de la République démocratique du Congo afin de procéder à des vérifications dès lors que celle-ci lui a délivré un passeport en 2023 et alors que les documents d'état civil produits portent une légalisation conforme aux exigences légales et conventionnelles ; en outre, l'impression au jet d'encre du numéro de feuillet peut être dû à l'absence de matériel adéquat de l'administration émettrice ; les actes d'état civil transmis sont d'ailleurs similaires aux photos d'actes analogues consultables sur internet ;
- la décision attaquée méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que l'autorité préfectorale ne peut exiger la justification d'un visa et d'une entrée régulière s'agissant d'une demande de titre de séjour d'admission exceptionnelle ; par ailleurs, un retour dans son pays d'origine porterait une atteinte à sa santé et à sa vie au regard de la situation sanitaire alarmante de propagation du virus de la variole du singe ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales ; il se trouve sur le territoire français depuis six années où il a suivi une scolarité exemplaire et s'est parfaitement intégré dans la société française ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que l'autorité préfectorale a confondu les dispositions applicables ; la décision litigieuse vise en effet les dispositions de l'article L. 611-1 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile puis les dispositions de l'article L. 432-1-1 2° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives à la délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle qui sont sans relation avec l'obligation de quitter le territoire français visée ; par ailleurs, le préfet s'est cru tenu à tort d'édicter la mesure d'éloignement ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il est parfaitement intégré au sein de la société française, l'existence d'un faux et/ ou l'usage d'un faux avancé par l'autorité préfectorale n'étant en tout état de cause, pas avérée ;
- elle aura pour conséquence l'éclatement de sa cellule familiale dès lors que sa mère est de nationalité angolaise et que son frère est de nationalité états-unienne ;
Sur la décision portant refus de départ volontaire :
- elle est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que les risques qu'il se soustrait à la décision portant obligation de quitter le territoire français ne sont pas avérés ;
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il n'a plus de famille dans son pays d'origine et qu'il ne peut pas être reconduit dans son pays d'origine au regard de la situation sanitaire grave en République démocratique du Congo ;
- elle l'expose à un risque d'être victime de l'épidémie importante affectant la République démocratique du Congo ;
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans :
- elle est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation révélé par l'absence de mention des éléments de sa vie privée et familiale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de la situation sanitaire grave en République démocratique du Congo ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que les critères énumérés ne sont pas remplis et la décision est manifestement disproportionnée au regard de sa situation ;
Sur la décision portant assignation à résidence :
- elle est entachée d'incompétence ; la signature portée sur la décision attaquée est illisible ;
- elle est insuffisamment motivée en fait ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen approfondi de sa situation révélé par le défaut de motivation ;
- elle méconnaît l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; aucune perspective d'éloignement raisonnable n'apparaît avérée en l'absence de document en ce sens et au regard de la situation sanitaire évoluant en République démocratique du Congo ;
- les modalités d'exécution de l'assignation à résidence qui lui sont imposées sont manifestement inadaptées et disproportionnées au regard de sa situation, ayant été obligé de déménager à La Rochelle, le refus de titre de séjour et la mesure d'éloignement ayant causé la perte de son logement à Aurillac ;
- il a procédé à son signalement auprès des forces de l'ordre à la Rochelle et démontre ne pas être en fuite.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 23 et 29 août 2024, le préfet du Cantal conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. A a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 13 août 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales ;
- le décret n° 2015-1740 du 24 décembre 2015 relatif aux modalités de vérification d'un acte de l'état civil étranger ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Jaffré, première conseillère, pour statuer sur le litige.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 30 août 2024 à 9h30 en présence de Mme Petit, greffière d'audience, Mme Jaffré a lu son rapport et entendu les observations de Me Gauché, substituant Me Lelong, en présence de M. A, qui reprend ses écritures et fait valoir en outre que la décision de refus de titre de séjour est entachée d'un vice de procédure dès lors que les autorités françaises n'ont pas saisi les autorités congolaises pour vérification de son état civil en méconnaissance des dispositions du décret n° 2015-1740 du 24 décembre 2015 relatif aux modalités de vérification d'un acte de l'état civil étranger ; en outre, le refus de départ volontaire est illégal dès lors qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public ; par ailleurs, sa demande de titre de séjour n'est pas frauduleuse, il ne retirerait d'ailleurs aucun bénéfice de la fraude dont il est accusé à tort dès lors que les éléments de son état civil ne lui donnent pas en eux-mêmes un droit à la délivrance d'un titre de séjour ; de plus, l'interdiction de retour sur le territoire français est illégale dès lors que le préfet a ajouté un critère à la loi ; par ailleurs, l'assignation à résidence est illégale du fait de l'illégalité de la mesure d'éloignement ; il demande également d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sur le fondement de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant de la République démocratique du Congo, est entré sur le territoire français le 15 février 2018, à l'âge de 15 ans, selon ses déclarations, accompagné de ses parents et de sa fratrie. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 19 octobre 2020 confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 19 mars 2021. Le 18 août 2023, M. A a sollicité son admission exceptionnelle au séjour auprès des services de la préfecture du Cantal sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 2 août 2024, le préfet du Cantal a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par un arrêté du même jour, le préfet du Cantal l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours avec l'obligation de se présenter du lundi au vendredi aux services de police d'Aurillac. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler ces arrêtés.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A, il y a lieu de prononcer son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
5. Aux termes de l'article L. 811-2 du même code : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil ". L'article 47 du code civil dispose que : " Tout acte de l'état civil () fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. ".
6. La force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties.
7. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis. Ce faisant, il lui appartient d'apprécier les conséquences à tirer de la production par l'étranger d'une carte consulaire ou d'un passeport dont l'authenticité est établie ou n'est pas contestée, sans qu'une force probante particulière puisse être attribuée ou refusée par principe à de tels documents.
8. M. A a produit à l'appui de sa demande de titre de séjour un jugement supplétif d'acte de naissance n° 169 du 13 février 2023, un jugement supplétif n° 12987/IV du 12 mars 2022, ainsi qu'un passeport délivré le 13 novembre 2023. Ces documents ont été soumis à l'analyse du service de la police aux frontières qui a estimé le 29 mai 2024 que l'acte de naissance était un faux document, issu d'un document original volé vierge, et que le jugement supplétif était incomplet et ainsi non recevable. Le préfet a fondé le refus de titre de séjour litigieux sur cette analyse et sur l'absence de circonstances humanitaires et exceptionnelles.
9. S'agissant de l'acte de naissance, il a été indiqué notamment que le feuillet comporte un numéro qui n'a pas été réalisé avec de la typographie mais au jet d'encre, qu'il ne comporte pas la signature et la mention du déclarant et que le numéro de l'acte de naissance n'est pas cohérent avec le volume indiqué " XV ". Par ailleurs, le jugement supplétif ne comporte pas la mention de la date de naissance des parents de l'intéressé alors qu'elle est inscrite sur l'acte de naissance. Le requérant ne conteste pas sérieusement ces irrégularités qui sont de nature à révéler le caractère frauduleux du document. Au regard de la nature et de l'importance de ces anomalies propres à renverser la présomption d'authenticité résultant de l'article 47 du code civil, le préfet du Cantal a pu légalement écarter comme dépourvu de valeur probante l'acte de naissance du 13 février 2023, établi sur la base du jugement supplétif du 12 mars 2022, et considérer que M. A avait utilisé un faux document au soutien de sa demande de titre de séjour.
10. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. A est arrivé en France accompagné de ses parents et de ses deux frères et sa sœur au plus tard en janvier 2018 et a été scolarisé en classe de 4ème dès son arrivée. Il ressort des pièces du dossier qu'il vit avec les membres de sa famille sur le territoire français depuis cette date. Ces éléments rendent vraisemblables les éléments de filiation et son âge déclarés. Il n'est pas contesté que M. A est de nationalité congolaise, comme son père et l'un de ses frères. Le requérant a apporté des éléments circonstanciés, qui sont de notoriété publique, démontrant l'existence d'une crise sanitaire qui touche particulièrement la République démocratique du Congo, liée à la propagation rapide de la maladie Mpox, pour laquelle le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé a déclaré l'urgence de santé publique de portée internationale le 14 août 2024. En outre, le requérant démontre, par la production d'attestations variées, une bonne intégration au sein de la société française et justifie de la poursuite de ses études en IUT après avoir obtenu en 2023 un baccalauréat technologique. Par suite, dans les circonstances très particulières de l'espèce et eu égard à l'existence d'une épidémie virale, avec un taux de létalité élevé et une transmission importante, dont le foyer se trouve dans le pays d'origine du requérant, le requérant justifie de la réalité d'un motif exceptionnel et humanitaire justifiant son admission à titre exceptionnel au séjour en France au sens des dispositions L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la décision portant refus de titre de séjour attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
11. Il résulte de ce qui précède que la décision portant refus de titre de séjour du 2 août 2024 doit être annulée. Par voie de conséquences, l'ensemble des décisions contestées doivent être annulées.
12. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que les arrêtés en date du 2 août 2024 du préfet du Cantal doivent être annulés.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
13. L'exécution du présent jugement, compte tenu du motif de l'annulation qu'il prononce, implique que la situation du requérant soit réexaminée. Il y a lieu, par suite, en application de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Cantal de réexaminer la situation de M. A dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement.
14. Il y a également lieu, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de délivrer une autorisation provisoire de séjour à M. A, à compter de la notification du présent jugement.
15. En revanche, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
16. En application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve de la décision à intervenir du bureau d'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement au conseil du requérant, de la somme de 1000 euros, ce versement valant, conformément à l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, renonciation à l'indemnité d'aide juridictionnelle. Dans le cas où le bénéfice de l'aide juridictionnelle ne serait pas accordé à M. A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1000 euros sera versée au requérant en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Les arrêtés du 2 août 2024 par lequel le préfet du Cantal a refusé un titre de séjour à M. A, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi, lui a interdit de retourner sur le territoire français et l'a assigné à résidence sont annulés.
Article 3 : Il est enjoint au préfet du Cantal de réexaminer la situation de M. A dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans l'intervalle, une autorisation provisoire de séjour.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à l'avocat du requérant une somme de mille euros (1000 euros) en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de mille euros (1000 euros) sera versée à M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Cantal.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 septembre 2024.
La magistrate désignée,
M. JAFFRÉLa greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne au préfet du Cantal, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2402014AA
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026