jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2402106 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SHVEDA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 août 2024, et un mémoire complémentaire, enregistré le 9 septembre 2024, Mme A C, représentée par Me Shveda, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler les arrêtés du 9 août 2024 par lesquels le préfet du Cantal a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans et l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) d'enjoindre au préfet du Cantal de réexaminer sa situation dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement et de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'expiration de ce délai ;
4°) d'enjoindre au préfet du Cantal de lui restituer son passeport et de supprimer son inscription aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
Sur le refus de délivrance d'un titre de séjour :
- la décision a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- le préfet ne s'est pas livré à un examen approfondi de sa situation personnelle ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît la circulaire du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le cadre des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- si elle ne remplissait pas les conditions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet pouvait substituer à cette base légale erronée celle tirée du pouvoir dont il dispose au titre de l'article L. 435-1 du même code ;
- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la menace à l'ordre public n'est pas caractérisée par la détention et l'usage de faux documents ;
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision est illégale en raison de l'illégalité affectant le refus de délivrance d'un titre de séjour ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation et ne peut utilement se prévaloir des orientations générales du ministre de l'intérieur ;
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- elle n'est pas motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur l'assignation à résidence :
- la décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- les modalités de pointage sont disproportionnées alors qu'elle ne cherche pas à fuir ;
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle justifie de circonstances humanitaires particulières empêchant le prononcé d'une telle mesure ;
Sur la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- l'administration peut accorder un délai de départ volontaire supérieure à trente jours ;
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
- la décision n'est pas motivée ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistrée le 10 septembre 2024, le préfet du Cantal conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Les parties ont été informée, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que le refus de titre de séjour ne pouvait être légalement fondé sur les dispositions de l'article L. 435-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui ne sont pas applicables aux ressortissants marocains, et qu'il y avait lieu, en conséquence, de substituer à cette base légale erronée celle tirée du pouvoir de régularisation discrétionnaire dont dispose le préfet en la matière.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Caraës, vice-présidente, pour statuer en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 septembre 2024 à 10h00, en présence de Mme Batisse, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Caraës,
- et les observations de Me Shveda, représentant Mme C, qui a repris le contenu de ses écritures et a indiqué au magistrat désigné qu'elle se prévaut de l'article 3 de l'accord franco-algérien.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C, ressortissant marocaine née le 10 décembre 1989, est entrée en France le 6 novembre 2019. Le 26 septembre 2023, elle a sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par des arrêtés du 9 août 2024, dont Mme C demande l'annulation, le préfet du Cantal a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans et l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de Mme C de prononcer l'admission provisoire de l'intéressée à l'aide juridictionnelle.
Sur les moyens communs aux décisions en litige :
4. Les décisions contestées sont signées par M. Hervé Demai, secrétaire général de la préfecture du Cantal. Par l'article 1er de l'arrêté du 9 octobre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs à la même date, le préfet du Cantal a accordé une délégation de signature à M. B à l'effet de signer " tous actes, arrêtés, décisions () relevant des attributions de l'Etat dans le départemental du Cantal et notamment les décisions suivantes : - refus de séjour ; - obligations de quitter le territoire français ; - refus de délai de départ volontaire ; - interdictions de retour ; - décisions fixant le pays de destination ; - assignations à résidence () ". Ainsi, M. B bénéficiait d'une délégation de signature pour signer les décisions en litige peu important la circonstance qu'il ne serait pas établi que le préfet était absent ou empêché. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions en litige doit être écarté.
5. Les décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination comportent les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de ces décisions doit être écarté.
6. Il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que le préfet du Cantal n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de Mme C avant de prendre à son encontre les décisions en litige.
Sur les moyens relatifs à la légalité du refus de délivrance d'un titre de séjour :
7. Aux termes de l'article 9 de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord " et aux termes de l'article 3 du même accord : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention ''salarié'' ". Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. " et aux termes de l'article L. 435-4 du même code : " A titre exceptionnel, et sans que les conditions définies au présent article soient opposables à l'autorité administrative, l'étranger qui a exercé une activité professionnelle salariée figurant dans la liste des métiers et zones géographiques caractérisés par des difficultés de recrutement définie à l'article L. 414-13 durant au moins douze mois, consécutifs ou non, au cours des vingt-quatre derniers mois, qui occupe un emploi relevant de ces métiers et zones et qui justifie d'une période de résidence ininterrompue d'au moins trois années en France peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire " ou " salarié " d'une durée d'un an. () Dans l'exercice de sa faculté d'appréciation, l'autorité compétente prend en compte, outre la réalité et la nature des activités professionnelles de l'étranger, son insertion sociale et familiale, son respect de l'ordre public, son intégration à la société française et son adhésion aux modes de vie et aux valeurs de celle-ci ainsi qu'aux principes de la République mentionnés à l'article L. 412-7. () "
8. Portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaires prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, les articles L. 435-1 et L. 435-4 n'instituent pas une catégorie de titres de séjour distincte, mais sont relatifs aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-marocain prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant marocain souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-4 à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national, s'agissant d'un point déjà traité par l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987, au sens de l'article 9 de cet accord. Toutefois, les stipulations de cet accord n'interdisent pas au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation à un ressortissant marocain qui ne remplirait pas les conditions auxquelles est subordonnée la délivrance de plein droit d'un titre de séjour en qualité de salarié.
9. Il ressorts des pièces du dossier que le préfet du Cantal ne s'est pas borné à examiner la demande de titre de séjour telle que l'avait présentée Mme C sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mais a également examiné sa situation au regard des dispositions de l'article L. 435-4 du même code.
10. Le préfet du Cantal ne pouvait légalement rejeter l'admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié de Mme C en se fondant sur la circonstance que cette dernière ne remplissait pas les conditions mentionnées par les dispositions de l'article L. 435-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que ces dispositions ne sont pas applicables à un ressortissant marocain dont la situation en matière d'activité salariée demeure régie par l'accord franco-marocain du 9 septembre 1987. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. La décision attaquée, prise à tort sur le fondement de l'article L. 435-4 du code précitée et motivée par la double circonstance que le comportement de Mme C compromet l'ordre public et qu'elle ne dispose pas de liens familiaux sur le territoire français trouve son fondement légal dans l'exercice par le préfet du pouvoir de régularisation discrétionnaire dont il dispose, ainsi qu'il a été dit au point 8 ci-dessus. Il y a lieu de substituer ce fondement légal au fondement erroné retenu par le préfet du Cantal dès lors que cette substitution de base légale n'a pour effet de priver l'intéressée d'aucune garantie et que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir général de régularisation que lorsqu'elle examine une demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié présentée sur le fondement de l'article L. 435-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. Mme C fait valoir qu'elle est bien intégrée et qu'elle a cumulé plus de 3 000 heures de travail entre 2021 et 2023 au parc Disneyland et qu'elle bénéficie d'une promesse d'embauche. Cependant, il ressort des pièces du dossier que l'intéressée est entrée en France le 6 novembre 2019 et qu'avant sa demande d'admission exceptionnelle au séjour reçue en préfecture le 28 novembre 2023, elle n'a entrepris aucune démarche en vue de régulariser sa situation. Par ailleurs, Mme C a reconnu, lors de son audition à la suite de son interpellation le 18 octobre 2022 pour faux et usage de faux, avoir présenté une fausse carte d'identité italienne à son employeur, le parc Disneyland, lui permettant ainsi de se dispenser de solliciter un titre de séjour et une autorisation de travail. En outre, après avoir constaté que l'intéressée disposait de plusieurs numéros de sécurité sociale différents sur ses fiches de paie, l'administration a interrogé la caisse primaire d'assurance maladie du Cantal qui lui a indiqué qu'un des numéros correspondait à une personne dépendant de la caisse primaire d'assurance maladie de Paris et que les autres numéros identifiés " ne correspondaient à rien ", les employeurs ayant dû essayer de reconstituer un numéro d'immatriculation et en a conclu à l'existence d'une " fraude avérée ", ce qui n'est pas sérieusement contestée. Si elle se prévaut également d'une promesse d'embauche, le préfet indique, sans être contredit, que cette promesse est un faux. Ces faits suffisent à caractériser l'existence d'un comportement contraire à l'ordre public. Par ailleurs, l'intéressée, célibataire et sans charge de famille, n'est pas dépourvue d'attaches familiales au Maroc où vivent ses parents et sa sœur et où elle a vécu jusqu'à l'âge de trente ans. Dans ces conditions, le préfet du Cantal, en refusant de délivrer à Mme C un titre de séjour, n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation, ni commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de la requérante au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
12. Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
13. Mme C ne peut utilement se prévaloir d'une méconnaissance des stipulations de l'article 3 de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 dès lors qu'elle n'a pas présenté de demande de titre de séjour sur ce fondement.
14. Mme C ne peut utilement se prévaloir des orientations générales contenues dans la circulaire du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le cadre des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur les moyens relatifs à la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :
15. Il résulte de l'examen de la légalité du refus de titre de séjour qui lui a été opposé que la requérante n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de ce refus à l'encontre de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français.
16. Il résulte des termes de la décision en litige que le préfet du Cantal ne s'est pas prévalu des orientations générales fixées par le ministre de l'intérieur en matière d'examen des demandes d'admission au séjour des ressortissants étrangers en situation irrégulière.
17. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés précédemment, la décision en litige ne méconnaît pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle et familiale.
Sur le moyen relatif à la légalité de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
18. Le moyen tiré de ce que l'administration peut accorder un délai de départ volontaire supérieure à trente jours est sans incidence sur la légalité de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire.
Sur le moyen relatif à la légalité de la décision fixant le pays de destination :
19. Si Mme C fait valoir qu'elle justifie encourir des risques dans son pays d'origine, elle n'apporte aucune précision sur la nature de ces risques. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Sur le moyen relatif à la légalité de l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :
20. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. "
21. Compte tenu de ce qui a été dit précédemment, Mme C ne justifie d'aucune circonstance humanitaire.
Sur les moyens relatifs à la légalité de l'assignation à résidence :
22. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision l'assignant à résidence.
23. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".
24. Le préfet du Cantal a assigné à résidence Mme C sur le territoire de la commune d'Aurillac pour une durée de quarante-cinq jours et l'a obligée à se présenter du lundi au vendredi entre 8h00 et 9h00 au commissariat d'Aurillac. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'obligation de résider dans la commune d'Aurillac et les modalités de pointage fixées par cette décision ne seraient pas proportionnées et nécessaires aux finalités qu'elle poursuit alors que l'intéressée ne fait état d'aucune circonstance l'empêchant de se présenter au commissariat d'Aurillac conformément aux modalités de pointage fixées.
25. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Mme C est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au préfet du Cantal.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2024.
La magistrate désignée,
R. CARAËS
La greffière,
M. BATISSE
La République mande et ordonne au préfet du Cantal en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026