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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2402157

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2402157

mardi 26 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2402157
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme B contestant un refus de bourse d'études. La demande, qualifiée de recours gracieux et non contentieux, ne tendait pas à l'annulation de la décision mais à un réexamen administratif, ce qui échappe à la compétence du juge. À titre subsidiaire, le moyen soulevé, tiré de l'évolution personnelle de l'étudiante, a été jugé inopérant au regard des critères légaux de la bourse (non-validation de 60 crédits ECTS). L'ordonnance se fonde sur les articles R. 222-1 (4° et 7°) et R. 411-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 septembre 2024 et régularisée le 8 novembre 2024, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision lui refusant l'octroi d'une bourse d'études.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. ".

2. Aux termes de l'article R. 411-1 du même code : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ".

3. Le juge administratif ne peut être saisi que de conclusions tendant à l'annulation d'une décision administrative ou de conclusions indemnitaires lorsque la responsabilité de l'administration est engagée. Il ressort des termes mêmes de la demande que Mme B a adressée au tribunal que celle-ci ne constitue pas un recours contentieux tendant à l'annulation de la décision en cause pour des motifs tirés de son illégalité mais un recours gracieux tendant à ce que l'autorité administrative réexamine son dossier au regard notamment des précisions et justificatifs complémentaires qu'elle entend apporter. Par suite, dès lors qu'il n'appartient pas au juge administratif de faire acte d'administrateur, les conclusions présentées par Mme B sont entachées d'une irrecevabilité manifeste.

4. En tout état de cause, à supposer qu'elle entende demander l'annulation de la décision, portée à sa connaissance le 22 mai 2024, par laquelle sa demande d'attribution d'une bourse d'études a été refusée, celle-ci est fondée sur la circonstance que la requérante, qui a déjà utilisé deux droits à bourse au titre de son cursus licence, n'a pas validé au moins 60 crédits ECTS, ce que l'intéressée ne conteste pas. Les circonstances selon lesquelles elle a dorénavant acquis des compétences et connaissances lui permettant de mieux comprendre ses aspirations académiques et professionnelles et qu'elle est déterminée à poursuivre ses études sont sans incidence sur la légalité de la décision en litige. Ainsi, Mme B, qui n'a présenté aucun autre mémoire avant l'expiration du délai de recours contentieux, n'assortit sa demande que d'un moyen inopérant.

5. Dès lors, il y a lieu, en application des dispositions précitées des 4° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, de rejeter la requête de Mme B comme étant manifestement irrecevable.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Clermont-Ferrand, le 26 novembre 2024.

La présidente de la 2ème chambre,

C. BENTÉJAC

La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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