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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2402181

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2402181

lundi 9 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2402181
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantAD'VOCARE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Demars, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 6 janvier 2024 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a implicitement rejeté sa demande de carte de séjour pluriannuelle portant la mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire " ;

3°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et, dans l'attente de lui remettre une attestation l'autorisant à travailler, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge du préfet du Puy-de-Dôme la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans le cas où le bénéfice de l'aide juridictionnelle lui était refusé.

Il soutient que :

Sur la condition d'urgence :

- l'exécution de la décision contestée préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation personnelle et familiale dès lors qu'il est dans l'impossibilité de justifier de la régularité de son séjour sur le territoire français, qu'il est dans l'impossibilité d'exercer son activité professionnelle de cariste, le privant de toute ressource et le plaçant dans une situation financière précaire alors qu'il a un enfant en bas âge à charge et qu'il ne peut plus bénéficier des droits à l'aide personnalisée au logement et à la prestation d'accueil du jeune enfant ;

- la validité de son attestation de prolongation d'instruction a expiré le

4 septembre 2024 et n'a pas été renouvelée malgré quatre demandes formulées en ce sens ;

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- elle est entachée d'un vice de procédure et méconnaît son droit d'être entendu dès lors qu'il n'a pas été informé de ce qu'une décision implicite de rejet était susceptible d'être édictée ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 424-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; par une décision du 17 février 2023, la Cour nationale du droit d'asile lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu :

- la requête enregistrée le 24 juillet 2024 sous le n° 2401728 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision en litige ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant congolais, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a implicitement rejeté sa demande de titre de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du retrait de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence est en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre donnant droit au séjour, comme d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

4. Aux termes des dispositions du 2ème alinéa de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande. ".

5. Il résulte de l'instruction que, suite au dépôt de sa demande de carte de séjour pluriannuelle mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire " le 6 septembre 2023, M. B a bénéficié d'attestations de prolongation d'instruction, autorisant sa présence en France et l'autorisant à travailler, dont la dernière a expiré le 4 septembre 2024. Si M. B soutient avoir sollicité en vain la délivrance d'une nouvelle attestation de prolongation d'instruction de sa demande et produit des captures d'écran de mail de l'Agence nationale des titres sécurisés portant " accusé de réception automatique ", il ne résulte pas de l'instruction qu'il aurait réalisé cette demande via la plateforme dédiée de l'administration numérique des étrangers en France (ANEF), unique démarche permettant l'obtention d'une telle attestation. Par suite, M. B ne peut être regardé comme ayant sollicité, en vain, auprès de la préfecture du Puy-de-Dôme une nouvelle attestation de prolongation d'instruction de sa demande alors qu'une telle attestation de prolongation est précisément de nature à mettre fin à l'urgence.

6. Dès lors, dans les circonstances particulières de l'espèce, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie.

7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, que les conclusions de M. B, y compris celles aux fins d'injonction, d'astreinte et celles relatives aux frais liés au litige, doivent être rejetées en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Clermont-Ferrand, le 9 septembre 2024.

La présidente,

S. BADER-KOZA

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

No 2402181

AC

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