LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2402218

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2402218

lundi 23 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2402218
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a examiné la requête de Mme C, ressortissante algérienne, contestant l'arrêté préfectoral du 7 août 2024 lui refusant un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français. La requérante invoquait notamment l'incompétence de l'auteur de l'acte, une insuffisance de motivation, et une méconnaissance des articles L. 313-14 du CESEDA et 8 de la CEDH. Le tribunal a rejeté l'ensemble des conclusions de Mme C, estimant que les moyens soulevés n'étaient pas fondés et que la décision de la préfète de l'Allier était légale. La solution retenue est le rejet de la requête, confirmant ainsi les mesures d'éloignement et d'interdiction de retour.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 septembre 2024, Mme A C, représentée par Me Ayele, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 7 août 2024 par lequel la préfète de l'Allier lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trente-six mois ;

2°) d'annuler la décision du 7 août 2024 par laquelle la préfète de l'Allier l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

3°) d'enjoindre à la préfète de l'Allier, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour ou à tout le moins une autorisation provisoire de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement et dans l'attente de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travail dans un délai de quarante-huit heures sous astreinte de cinquante euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement et dans l'attente de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travail dans un délai de quarante-huit heures sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur la décision portant refus de séjour :

- la décisions attaquée a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle avait sollicité un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet s'est fondé sur l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet a commis une erreur de droit et un détournement de procédure en n'appliquant pas les dispositions des articles L. 412-7 et L. 412-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 6 5) de l'accord franco-algérien ;

- elle est entachée d'une erreur de fait et d'un défaut d'examen ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision a été prise par une autorité incompétente ;

- elle porte atteinte à l'équité des procédures tel que défini par l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la décision portant refus de départ volontaire :

- la décision contestée est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français qui la fonde ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'un an :

- la décision est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français qui la fonde ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle justifie de circonstances humanitaires ;

Sur la décision portant assignation à résidence :

- elle doit être annulée par voie de conséquence.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 septembre 2024, la préfète de l'Allier conclut au rejet de la requête comme non fondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme B pour statuer en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- les observations de Mme C, accompagnée de son fils, qui indique souhaiter rester en France dès lors que ses enfants y résident ; qu'elle ne souhaite pas retourner seule en Algérie ; qu'elle n'entretient plus de relations avec son frère en Algérie.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A C, ressortissante algérienne née le 15 décembre 1966 est entrée sur le territoire français le 20 mai 2017. Elle a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence algérien. Par des décisions du 7 août 2024, la préfète de l'Allier a refusé de lui délivrer le certificat sollicité, l'a obligée de quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de renvoi, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trente-six mois et l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, la décision en litige a été signée par M. Olivier Maurel, secrétaire général de la préfecture de l'Allier, qui bénéficiait d'une délégation de signature selon un arrêté du 28 juin 2023 de la préfète de l'Allier, régulièrement publié le lendemain au recueil des actes administratifs de ladite préfecture, à effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Allier à l'exception d'actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions en litige. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté en litige doit être écarté.

3. En deuxième lieu, la décision attaquée comporte, les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () / Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1- Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2- Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

5. Si Mme C est entrée en France le 20 mai 2017, il ressort des pièces du dossier qu'elle a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Clermont-Ferrand du 5 novembre 2020 qu'elle n'a pas exécutée. Par ailleurs, son époux, de même nationalité, est lui-même en situation irrégulière. Si Mme C se prévaut de la présence de ses enfants en situation régulière sur le territoire français, ceux-ci sont désormais majeurs et il ressort des pièces du dossier qu'elle est dépendante financièrement d'un de ses fils. Par suite, en dépit de la promesse d'embauche dont elle dispose, Mme C qui a vécu jusqu'à l'âge de cinquante ans dans son pays d'origine, n'est pas fondée à soutenir qu'en prenant la décision attaquée, la préfète de l'Allier a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celle de l'article 6 5) de l'accord franco-algérien.

6. En quatrième lieu, les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent obtenir en France un titre de séjour sont régies de manière exclusive par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Il s'ensuit que si un ressortissant algérien ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire français, l'accord franco-algérien ne prévoyant pas, pour sa part, de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, ses stipulations n'interdisent pas au préfet de délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.

7. D'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme C a sollicité un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (anciennement L. 313-14), qui au demeurant n'est pas applicable aux ressortissants algériens, dont la situation est entièrement régie par l'accord franco-algérien. Par suite, la préfète de l'Allier n'était pas tenue d'examiner la possibilité de délivrer un titre sur ce fondement et le moyen, inopérant, doit être écarté.

8. D'autre part, ni la durée du séjour de Mme C, compte tenu notamment des conditions de sa présence en France, ni les éléments caractérisant sa situation personnelle et familiale, exposés au point 5, ne sont de nature à démontrer l'erreur manifeste d'appréciation qui aurait été commise par la préfète de l'Allier dans l'exercice de son pouvoir discrétionnaire de régularisation.

9. En cinquième lieu, la circonstance que la préfète de l'Allier n'ait pas fait applications des dispositions des articles L. 412-7 et L. 412-8 est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Par suite, ce moyen doit être écarté.

10. En sixième lieu, si la requérante soutient que la décision attaquée est entachée d'erreur de droit, les dispositions précitées de l'article L. 432-1-1 ne lui étant pas applicables, il résulte en tout état de cause de ce qui précède qu'elle ne remplit pas les conditions pour que lui soit délivré un titre de séjour sur le fondement des stipulations de l'article 6 5) de l'accord franco-algérien. Or, il résulte de l'instruction que la préfète de l'Allier aurait pris la même décision si elle ne s'était pas fondée sur l'article L. 432-1-1 précité. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit, par suite, être écarté.

11. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, eu égard à ce qui a été énoncé au point 5 du présent jugement, que l'autorité préfectorale aurait pris une autre décision si elle avait retenu que Mme C avait quatre enfants vivant en France. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait et du défaut d'examen de sa situation doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

12. En premier lieu, et pour les mêmes motifs que ceux développés au point 2, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.

13. En deuxième lieu, la requérante ne peut utilement se prévaloir des stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales lesquelles ne sont pas applicables aux mesures de police administrative.

14. En troisième lieu, et pour les mêmes motifs que ceux développés au point 5, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

15. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations à raison des risques auxquels Mme C serait exposée en cas de retour dans son pays d'origine est inopérant à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui n'emporte pas, par elle-même, le retour de l'intéressée en Algérie.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

16. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant refus de délai de départ volontaire par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français opposée à Mme C doit être écarté.

17. En deuxième lieu, la décision attaquée comporte, les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

18. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " et aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".

19. Contrairement à ce que soutient la requérante, la préfète de l'Allier ne s'est pas fondée sur la circonstance que Mme C ne présenterait pas de garanties suffisantes en ce qu'elle ne justifierait pas d'une résidence effective et permanente en application des dispositions du 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mais s'est fondée sur les dispositions précitées du 5° du même article dès lors que Mme C n'a pas exécuté la mesure d'éloignement prise à son encontre le 5 juin 2020. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trente-six mois :

20. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. (). " et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. (). ".

21. Pour prononcer une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans à l'encontre de Mme C, la préfète de l'Allier s'est fondée sur l'absence d'une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale de la requérante et sur la circonstance qu'elle est entrée récemment en France. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que Mme C est présente sur le territoire français depuis sept années et justifie de la présence régulière en France de ses quatre enfants. Ainsi, et en dépit de la circonstance que l'intéressée a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement, Mme C est fondée à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est disproportionnée et méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

22. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; (). "

23. La décision attaquée ayant été notamment édictée sur le fondement des dispositions citées au point précédent, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant assignation à résidence par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français opposée à Mme C doit être écarté.

24. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, qu'il y a lieu seulement d'annuler la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

25. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais du litige :

26. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 7 août 2024 portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trente-six mois est annulée.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la préfète de l'Allier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2024.

La magistrate désignée,

L. B La greffière,

C. HUMEZ

La République mande et ordonne à la préfète de l'Allier en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions