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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2402220

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2402220

lundi 9 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2402220
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A. Ce dernier demandait au juge des référés d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de renouveler son titre de séjour et son attestation de prolongation d'instruction, invoquant une atteinte grave et manifestement illégale à ses libertés fondamentales. Le tribunal a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, les seules circonstances invoquées (suspension du contrat de travail et des prestations sociales) ne justifiant pas une intervention du juge dans un délai de quarante-huit heures. La requête a donc été rejetée sans qu'il soit nécessaire d'examiner le bien-fondé de l'atteinte alléguée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 septembre 2024, M. B C A, doit être regardé comme demandant au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de renouveler son titre de séjour et son attestation de prolongation d'instruction dans les plus brefs délais ;

2°) de " prendre toute autre mesure nécessaire pour préserver [ses] droits et libertés ".

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'expiration de son titre de séjour et son attestation de prolongation d'instruction ont entraîné la suspension de son contrat de travail et de ses allocations sociales, mettant ainsi en péril sa situation financière et sa capacité à poursuivre ses études ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de séjourner en France et de poursuivre ses études.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 dudit code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

3. Pour établir que les conditions relatives au référé visant à la sauvegarde d'une liberté fondamentale sont remplies, M. A expose que l'absence de renouvellement de son titre de séjour et de son attestation de prolongation d'instruction, dont la validité a expiré le 6 septembre 2024, a entraîné la suspension de son contrat de travail ainsi que de ses droits aux prestations sociales, que cette situation engendre pour lui des conséquences financières et compromet sa capacité à poursuivre ses études supérieures. Toutefois, par ces seules circonstances et, alors qu'il appartient à l'intéressé de solliciter le renouvellement de son attestation de prolongation d'instruction très récemment expiré afin de prolonger les effets du titre de séjour qu'il détenait, M. A ne justifie pas d'une situation d'urgence nécessitant qu'à très bref délai, le juge des référés prescrive des mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle le préfet du Puy-de-Dôme aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale.

4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition relative à l'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, la requête de M. A doit être rejetée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C A.

Fait à Clermont-Ferrand, le 9 septembre 2024.

La présidente du tribunal,

juge des référés,

S. BADER-KOZA

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.zr

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