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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2402222

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2402222

mercredi 11 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2402222
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de l'Union sportive gerzatoise visant à suspendre la délibération du 12 juillet 2024 par laquelle la commune de Gerzat a prononcé sa dissolution. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car l'interdiction d'utiliser les installations municipales datait de juin 2023 et que l'association n'établissait pas l'impossibilité de poursuivre ses activités via d'autres structures. En conséquence, la requête a été rejetée sans examen du doute sérieux sur la légalité de la décision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 septembre 2023, l'Union sportive gerzatoise, représentée par Me Rigault, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la délibération du 12 juillet 2024 par laquelle le conseil municipal de Gerzat a approuvé sa dissolution ;

2°) d'enjoindre à la commune de Gerzat d'autoriser la poursuite de ses activités associatives à compter de la saison 2024/2025 ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Gerzat une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la délibération contestée aura pour effet de priver les licenciés du club à pratiquer le football sur le territoire de la commune alors que la saison sportive est sur le point de commencer et que l'équipe séniore féminine, dont le championnat dédié et les premiers matchs sont programmés le 22 septembre 2024, a envisagé une entente avec un autre club faute de pouvoir disposer de structure mises à la disposition du club par la ville ;

- s'agissant de la condition tenant au doute sérieux, la décision en litige est entachée d'un défaut de motivation, d'un vice de procédure en l'absence de justification d'avoir recueilli préalablement l'avis de la fédération française de football, d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux faits retenus et à la proportion de la sanction et viole le principe de la liberté d'association.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 6 septembre 2023 sous le numéro 2402221 par laquelle l'Union sportive gerzatoise demande l'annulation de la délibération en litige.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. B, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ". Enfin, l'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. Pour demander la suspension de l'exécution de la délibération du 12 juillet 2024 par laquelle le conseil municipal de Gerzat a prononcé sa dissolution, l'Union sportive gerzatoise fait valoir que l'urgence est caractérisée dès lors que les licenciés du club ne pourront pas pratiquer le football sur le territoire de la commune alors que la saison sportive est sur le point de commencer et que l'équipe séniore féminine, dont le championnat dédié et les premiers matchs sont programmés le 22 septembre 2024, a envisagé une entente avec un autre club faute de pouvoir disposer de structures mises à la disposition du club par la ville.

4. Toutefois, il résulte des énonciations de la délibération attaquée, ainsi qu'au demeurant des écritures de l'Union sportive gerzatoise, que la commune lui a interdit, dès juin 2023, d'utiliser les locaux et les installations municipales qu'elle mettait à sa disposition. De plus, selon l'association requérante, l'équipe séniore féminine a pu néanmoins continuer ses activités grâce au prêt de structures par la commune de Clermont-Ferrand. Dans ces conditions, il ne ressort ni des écritures de la requérante, ni des pièces produites que le délai de plus d'un an séparant la décision prise par la commune pour interdire ses installations de la délibération attaquée serait de nature à caractériser une situation d'urgence au sens des dispositions précitées alors qu'au surplus l'Union sportive gerzatoise n'établit pas que les membres de l'association ne pourraient pas continuer à exercer leur activité en utilisant d'autres installations que celles qui avaient été mises à sa disposition. Il suit de là que l'Union sportive gerzatoise ne justifie pas d'une situation d'urgence qui nécessiterait que le juge des référés fasse usage de ses pouvoirs de suspension dans l'attente du jugement de la requête au fond.

5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la délibération attaquée, qu'il y lieu de rejeter la requête de l'Union sportive gerzatoise en toutes ses conclusions par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de l'Union sportive gerzatoise est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l'Union sportive gerzatoise.

Fait à Clermont-Ferrand, le 11 septembre 2024.

Le juge des référés,

M. B

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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