lundi 9 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2402223 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 septembre 2024, M. A B, représenté par la SELARL LKJ Avocats, Me Gninafon, demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, ainsi que des attestations de prolongation d'instruction sans qu'il n'en fasse expressément la demande ;
2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme, sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'examiner sa demande de renouvellement de titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que, faute de s'être vu renouveler son titre de séjour ou de s'être vu délivrer un récépissé, son contrat de travail a été suspendu, le privant d'emploi et de ressources depuis le 27 août 2024 ; plusieurs tribunaux administratifs ont estimé que la condition d'urgence était remplie dans des cas similaires ; l'inaction du préfet porte atteinte de manière particulièrement grave à sa situation ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir ainsi qu'aux dispositions des articles R. 311-4, R. 311-5, R. 311-6 et R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 dudit code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
3. Pour établir que la condition d'urgence, au sens du référé-liberté, est remplie, M. B expose que son titre de séjour, expiré le 25 avril 2023, n'a pas été renouvelé, et qu'il ne dispose pas de récépissé, ce qui entraine des conséquences sur sa situation personnelle, notamment du fait de la suspension de son contrat de travail le 27 août 2024. Toutefois, par ces seules circonstances et, alors qu'il résulte de l'instruction que le requérant a adressé aux services de la préfecture du Puy-de-Dôme, le 5 août 2024, une demande de renouvellement de son précédent récépissé dont la validité expirait le 26 août suivant, M. B ne justifie pas d'une situation d'urgence nécessitant qu'à très bref délai, le juge des référés prescrive des mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle le préfet du Puy-de-Dôme aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition relative à l'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Clermont-Ferrand, le 9 septembre 2024.
La présidente du tribunal,
juge des référés,
S. BADER-KOZA
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.zr
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