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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2402242

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2402242

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2402242
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand, saisi d’un recours en excès de pouvoir contre un permis de construire délivré par la commune de La Chapelle-d’Aurec, constate que ce permis tient lieu d’autorisation d’exploitation commerciale au sens des articles L. 752-1 du code de commerce et L. 425-4 du code de l’urbanisme. En application de l’article L. 600-10 du code de l’urbanisme, le litige relève de la compétence en premier et dernier ressort de la cour administrative d’appel de Lyon. Par conséquent, le tribunal ordonne la transmission du dossier à cette cour.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 septembre 2024, la société par actions simplifiées Firminy Distribution, représentée par la société Vedesi, SCP d'Avocats Schmidt - Vergnon -Pelissier - Thierry - Eard - Aminthas et Tissot, Me Eard-Aminthas, demande au tribunal d'annuler l'arrêté n° 2024-24 du 5 avril 2024 par lequel la commune de La Chapelle-d'Aurec a délivré le permis de construire n° PC 43 058 21Y0008 à la société Penot Immo en vue de la démolition du relais routier et de trois garages existants ainsi que la construction d'un drive avec une boulangerie, un plateau nu technique et une station-service sur un terrain situé rue de Seteyre à La Chapelle-d'Aurec.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de commerce ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 351-3 du code de justice administrative : " Lorsqu'une cour administrative d'appel ou un tribunal administratif est saisi de conclusions qu'il estime relever de la compétence d'une juridiction administrative autre que le Conseil d'Etat, son président, ou le magistrat qu'il délègue, transmet sans délai le dossier à la juridiction qu'il estime compétente (). ".

2. Aux termes de l'article L. 752-1 du code de commerce : " Sont soumis à une autorisation d'exploitation commerciale les projets ayant pour objet : / 1° La création d'un magasin de commerce de détail d'une surface de vente supérieure à 1 000 mètres carrés, résultant soit d'une construction nouvelle, soit de la transformation d'un immeuble existant ; () ". Selon l'article L. 425-4 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est soumis à autorisation d'exploitation commerciale au sens de l'article L. 752-1 du code de commerce, le permis de construire tient lieu d'autorisation dès lors que la demande de permis a fait l'objet d'un avis favorable de la commission départementale d'aménagement commercial ou, le cas échéant, de la Commission nationale d'aménagement commercial. Une modification du projet qui revêt un caractère substantiel, au sens de l'article L. 752-15 du même code, mais n'a pas d'effet sur la conformité des travaux projetés par rapport aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6 du présent code nécessite une nouvelle demande d'autorisation d'exploitation commerciale auprès de la commission départementale. () ". En vertu de l'article L. 600-10 du code de l'urbanisme : " Les cours administratives d'appel sont compétentes pour connaître en premier et dernier ressort des litiges relatifs au permis de construire tenant lieu d'autorisation d'exploitation commerciale prévu à l'article L. 425-4. ".

3. Il résulte des articles L. 752-1 du code de commerce et L. 425-4 et L. 600-10 du code de l'urbanisme que les cours administratives d'appel ne sont, par exception, compétentes pour statuer en premier et dernier ressort sur un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un permis de construire, aussi bien en tant qu'il vaut autorisation de construire qu'en tant qu'il vaut autorisation d'exploitation commerciale, que si ce permis tient lieu d'autorisation d'exploitation commerciale.

4. Par sa requête, la société Firminy Distribution demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 5 avril 2024 par lequel la commune de La Chapelle-d'Aurec a délivré le permis de construire n° PC 43 058 21Y0008 à la société Penot Immo en vue de la démolition du relais routier et de trois garages existants ainsi que la construction d'un drive avec une boulangerie, un plateau nu technique et une station-service sur un terrain situé rue de Seteyre à La Chapelle-d'Aurec. Dès lors que le permis de construire litigieux porte sur un projet qui a fait l'objet d'un avis favorable de la commission nationale d'aménagement commercial du 28 mars 2024, ce permis tient lieu d'autorisation d'exploitation commerciale. Ainsi, le litige relève de la compétence de la cour administrative d'appel de Lyon. Il y a lieu, en conséquence, en application des dispositions précitées de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, de transmettre le dossier de la requête de la société Firminy Distribution à la cour administrative d'appel de Lyon.

O R D O N N E :

Article 1er : Le dossier de la requête de la société Firminy Distribution est transmis à la cour administrative d'appel de Lyon.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société par actions simplifiées Firminy Distribution et au président de la cour administrative d'appel de Lyon.

Fait à Clermont-Ferrand, le 18 septembre 2024.

La présidente du tribunal,

S. BADER-KOZA

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Loire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2402242JC

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