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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2402264

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2402264

lundi 16 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2402264
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l'exécution de la décision du préfet du Puy-de-Dôme refusant le renouvellement du titre de séjour "étudiant" de M. B et l'obligeant à quitter le territoire. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés, notamment la méconnaissance de l'article L. 411-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée. La requête a été rejetée sans instruction ni audience.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Lauvergne, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 23 juillet 2024 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a rejeté sa demande de renouvellement de son titre de séjour mention " étudiant " et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un titre de séjour mention " étudiant " et, dans l'attente, de lui délivrer un titre de séjour, dans les quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros à verser à son conseil, sous réserve du renoncement par ce dernier de sa rétribution au titre de l'aide juridictionnelle sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou, en cas de refus d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- il est entré régulièrement sur le territoire français le 1er octobre 2019 sous couvert d'un visa de long séjour mention " étudiant " valable du 11 septembre 2019 au 11 septembre 2020 ; il s'est vu délivrer plusieurs cartes de séjour temporaires mention " étudiant " sur la période du 19 mars 2021 au 31 octobre 2023 ;

- il est actuellement inscrit à l'université Clermont Auvergne en deuxième année " administration économique et sociale pour l'année universitaire 2024-2025 ; il étudie au sein de cette université depuis 2020 ;

- il se trouve sans ressource et ne peut mener à bien ses études universitaires ; il ne peut plus travailler dans le cadre de son contrat à durée déterminé à temps partiel ; son salaire lui permet de subvenir à ses besoins, en particulier de financer son logement afin de mener ses études universitaires ; il ne peut plus percevoir ses prestations de la caisse d'allocations familiales ;

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en méconnaissance de l'article L. 411-4 8° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'un redoublement par cycle d'études ne peut suffire à remettre en cause le caractère réel et sérieux des études ; sa progression dans le cadre de ses études justifie de leur caractère réel et sérieux ; l'autorité préfectorale ne prend manifestement pas en considération la cohérence de ses études universitaires avec son projet professionnel ; il souhaite effectuer un master en développement territorial ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il réside sur le territoire français de manière continue depuis son arrivée en octobre 2019 ; il est intégré tant sur le plan social que scolaire ; il est inscrit au sein de l'université Clermont-Auvergne depuis l'année 2020 et s'est réinscrit pour l'année 2024-2025 en deuxième année de licence " administration économique et sociale " ; il a tissé des liens amicaux et personnels dans le cadre de ses études ; il s'est intégré sur le plan professionnel dès lors qu'il est titulaire d'un contrat à durée déterminée en temps partiel depuis le mois de janvier 2024 ; l'autorité préfectorale ne prend pas en considération sa vie privée qui est indépendante de toute réussite scolaire.

M. B a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 14 août 2024.

Vu :

- la requête n° 2402258 enregistrée le 11 septembre 2024 par laquelle

M. B demande l'annulation de la décision en litige ;

- l'ensemble des pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant congolais, est entré régulièrement sur le territoire français le 1er octobre 2019 sous couvert d'un visa long séjour portant la mention " étudiant " valable du 11 septembre 2019 au 11 septembre 2020 puis s'est vu délivrer des cartes de séjour temporaires mention " étudiant " valable du 19 mars 2021 au 31 octobre 2023.

Le 6 octobre 2023, M. B a sollicité le renouvellement de son titre de séjour mention " étudiant ". Par une décision du 23 juillet 2024, le préfet du Puy-de-Dôme a rejeté cette demande et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. En l'état de l'instruction et eu égard à l'office du juge des référés, aucun des moyens invoqués par M. B n'apparaît de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 23 juillet 2024 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a rejeté explicitement sa demande de renouvellement de son titre de séjour mention " étudiant ".

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'admettre l'intéressé à l'aide juridictionnelle provisoire, et sans qu'il soit besoin d'examiner la condition d'urgence, que les conclusions de la requête aux fins de suspension doivent être rejetées selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction et au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Clermont-Ferrand, le 16 septembre 2024.

La présidente du tribunal,

Juge des référés,

S. BADER-KOZA

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.AA

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