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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2402281

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2402281

vendredi 13 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2402281
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme E C. Celle-ci demandait qu'il soit enjoint au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, invoquant une atteinte à ses libertés fondamentales (droit au travail, vie privée et familiale). Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, le seul risque de perte d'emploi étant insuffisant pour justifier une intervention à très bref délai. La requête a donc été rejetée sans examen de l'atteinte aux libertés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 septembre 2024, Mme B E C, représentée par Me Aounil, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour sans délai et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'urgence est établie dès lors qu'elle est titulaire de deux contrats de travail à durée indéterminée en tant qu'assistante de vie et qu'agent de nettoyage, qu'elle est la mère d'un enfant handicapé et se trouve en difficulté pour payer son loyer ; elle risque de perdre son emploi ;

- l'attitude de l'administration porte une atteinte manifestement illégale à la liberté d'aller et venir, au droit au travail, au droit de mener une vie privée et familiale normale et aux droits de l'enfant garantis par la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, par la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et par la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif a désigné Mme A, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B E C est titulaire d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dont elle a demandé le renouvellement le 26 août 2023. Elle a obtenu plusieurs récépissés de demande de renouvellement de titre de séjour dont le dernier expirait le 23 juillet 2024. Les 8 juillet, 9 août et 4 septembre 2024, elle a sollicité vainement le renouvellement de son récépissé. Par la présente requête, elle demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 dudit code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

4. Pour établir que la condition d'urgence, au sens du référé-liberté, est remplie, Mme D expose que son titre de séjour, expiré le 27 octobre 2023, n'a pas été renouvelé et qu'elle ne dispose pas de récépissé, ce qui entraine des conséquences sur sa situation personnelle, notamment du fait du risque de perdre son emploi alors qu'elle a la charge d'un enfant handicapé. Toutefois, la circonstance qu'elle risque de perdre son emploi n'est pas de nature, à elle seule, à justifier de l'existence d'une situation d'urgence particulière nécessitant qu'à très bref délai, le juge des référés prescrive des mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale. Par suite, la condition d'urgence prévue par les dispositions précitées ne peut être regardée comme étant remplie en l'espèce.

5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition relative à l'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, la requête de Mme D doit être rejetée en toutes ses conclusions en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B D.

Fait à Clermont-Ferrand, le 13 septembre 2024.

La juge des référés,

R. A

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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