jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2402306 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 septembre 2024, M. A C, représenté par Me Salas, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 15 juillet 2024 par laquelle la déléguée territoriale du directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a refusé de renouveler sa carte professionnelle ;
2°) d'enjoindre au directeur du Conseil national des activités privées de sécurité de lui délivrer la carte professionnelle sollicitée dans un délai de quinze jours.
Il soutient que :
S'agissant de la condition tenant à l'urgence :
- il ne peut plus travailler alors qu'il a quatre enfants à charge et que sa compagne ne travaille pas ;
S'agissant de la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 16 septembre 2024 sous le n°2402305 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision en litige ;
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif a désigné Mme B, en application de l'article L.511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C exerçait une activité d'agent de sécurité privée sous couvert d'une carte professionnelle délivrée le 6 juin 2019. Le 24 avril 2024, il en a sollicité le renouvellement. Par une décision du 15 juillet 2024, la déléguée territoriale du directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a rejeté sa demande au motif que l'intéressé avait été mis en cause en qualité d'auteur pour avoir commis, le 18 septembre 2023, des faits de violence sans incapacité par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité. M. C doit être regardé comme demandant, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision du 15 juillet 2024 susmentionnée.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Aux termes de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : () 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel () que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées ; () / Le respect de ces conditions est attesté par la détention d'une carte professionnelle délivrée selon des modalités définies par décret en Conseil d'Etat. () / ".
4. En l'état de l'instruction et eu égard à l'office du juge des référés, aucun des deux moyens invoqués par M. C n'apparaît manifestement de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 15 juillet 2024 par laquelle la déléguée territoriale du directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a rejeté sa demande tendant au renouvellement de sa carte d'agent de sécurité privée.
5. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin d'examiner la condition d'urgence, la requête de M. C est manifestement mal fondée et doit être rejetée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C.
Fait à Clermont-Ferrand, le 19 septembre 2024.
La juge des référés,
R. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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