lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2402330 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 septembre 2024, M. B C, représenté par Me Pouderoux, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 22 juillet 2024 par laquelle la déléguée territoriale du directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a refusé de lui délivrer une autorisation préalable en application de l'article L. 612-22 du code de la sécurité intérieure ;
2°) d'enjoindre au directeur du Conseil national des activités privées de sécurité, à titre principal, de lui délivrer une autorisation préalable à titre provisoire dans l'attente du jugement au fond ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du Conseil national des activités privées de sécurité une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la condition tenant à l'urgence :
- il justifie de la menace de la perte de son emploi qu'il occupe depuis 2021 et ce alors que ses revenus constituent la seule source de revenus de son foyer composé de trois enfants en bas âge ;
S'agissant de la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 19 septembre 2024 sous le n°2402330 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision en litige ;
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif a désigné Mme A, en application de l'article L.511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C exerçait une activité d'agent de sécurité privée sous couvert d'une carte professionnelle délivrée le 13 janvier 2015. Par une décision du 19 novembre 2018, la commission locale d'agrément et de contrôle Sud-Est a retiré sa carte professionnelle. Le 2 juillet 2019, la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité a confirmé cette décision. Le 16 avril 2024, il a présenté une demande " visant à l'obtention et la délivrance d'une nouvelle carte professionnelle ". Par une décision du 22 juillet 2024, la déléguée territoriale du directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a refusé de lui délivrer une autorisation préalable sur le fondement de l'article L. 612-22 du code de la sécurité intérieure au motif que l'intéressé avait été mis en cause en qualité d'auteur pour avoir commis, le 26 novembre 2016, des faits de violence ayant entraîné une incapacité de travail n'excédant pas huit jours et, le 21 septembre 2015, des faits de transport sans motif légitime d'arme à feu, munition ou élément essentiel de catégorie D. M. C demande, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision du 22 juillet 2024 susmentionnée.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Aux termes de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : () 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel () que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées ; () / Le respect de ces conditions est attesté par la détention d'une carte professionnelle délivrée selon des modalités définies par décret en Conseil d'Etat. () / ". Aux termes de l'article L. 612-22 du même code : " L'accès à une formation en vue d'acquérir l'aptitude professionnelle est soumis à la délivrance d'une autorisation préalable, fondée sur le respect des conditions fixées aux 1°, 2°, 3°, 4° et 4° bis de l'article L. 612-20. "
4. Il résulte de l'instruction que M. C bénéficie d'un contrat à durée indéterminée à temps partiel depuis le 4 novembre 2021 en qualité d'hôte d'accueil soumis à la convention collective nationale des hôtels, cafés et restaurants. S'il indique que son emploi est menacé en l'absence d'obtention de l'autorisation sollicitée, il ne produit au soutien de son allégation aucun document l'établissant. Par suite, il ne saurait être regardé comme justifiant de la condition d'urgence mentionné à l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, les conclusions de la requête présentées par M. C sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C.
Fait à Clermont-Ferrand, le 23 septembre 2024.
La juge des référés,
R. A
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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