vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2402362 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 septembre 2024, M. A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 17 septembre 2024 par lequel la préfète de l'Allier l'a assigné à résidence pendant une durée de quarante-cinq jours.
Il soutient s'être fait interpeller le 16 septembre 2024 alors que son récépissé de demande de titre de séjour était expiré mais qu'une procédure judiciaire est en cours et aucun accueil ne lui a été donné ; il doit travailler pour subvenir à ses besoins.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 octobre 2024, la préfète de l'Allier conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a désigné M. L'hirondel, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues à l'article R. 776-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 9 octobre 2024 à 10h 00, en présence de Mme Blanc, greffière d'audience :
- le rapport de M. L'hirondel,
- et les observations de M. B qui s'en remet à ses écritures.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, né le 1er janvier 1975 et de nationalité turque, doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 17 septembre 2024 par lequel la préfète de l'Allier l'a assigné à résidence pendant une durée de quarante-cinq jours au 28 rue de la Presles à Monluçon.
2. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Aux termes de l'article L. 732-3 du code précité : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. /Elle est renouvelable deux fois dans la même limite de durée. "
3. La préfète de l'Allier a prononcé à l'encontre de M. B, sur le fondement de ces dispositions, son assignation à résidence au 28 rue de la Presles à Monluçon pour une durée de quarante-cinq jours, l'a obligé à demeurer à l'adresse où il a été assigné et à se présenter au commissariat de Montluçon les lundis et jeudis entre 9h et 10h, même les jours fériés et a interdit à l'intéressé de sortir du département de l'Allier sans autorisation préalable. Le requérant ne conteste pas avoir fait, ainsi qu'il résulte des énonciations de l'arrêté attaqué et des pièces du dossier, l'objet d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours avec interdiction de retour du territoire français pendant un an prise par le préfet des Hauts-de-Seine du 10 janvier 2024 et qui lui a été notifiée le 26 janvier suivant. A la date de l'arrêté d'assignation en litige, le délai qui lui avait été accordé pour quitter le territoire français était donc expiré. En se bornant à soutenir qu'une " procédure judiciaire est toujours en cours ", le requérant n'apporte au soutien de son allégation aucun élément permettant au tribunal d'apprécier le bien-fondé de cette allégation et en tout état de cause, aucun moyen de nature à contester la légalité de la décision en litige portant assignation à résidence. Si le requérant fait valoir qu'il a besoin de travailler pour subvenir à ses besoins et qu'aucun accueil ne lui a été donné, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'obligation de résider dans le département de l'Allier et les modalités de pointage fixées par cette décision ne seraient pas proportionnées et nécessaires aux finalités qu'elle poursuit. Par suite, la décision en litige n'est pas entachée d'erreur de droit et n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par M. B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Allier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
M. C
La greffière,
N. BLANC
La République mande et ordonne à la préfète de l'Allier en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,18
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