vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2402368 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SHVEDA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 septembre 2024, M. B F alias C, représenté par Me Shveda, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 20 septembre 2024 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme a prolongé pour une durée de quarante-cinq jours supplémentaires l'assignation à résidence dont il fait l'objet ;
3°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de réexaminer sa situation dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, de lui délivrer un titre de séjour et, dans l'attente, de le mettre en possession d'une autorisation provisoire de séjour dans un délai de sept jours ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat au profit de son conseil une somme de 1 500 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté en litige a été pris par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public au sens des dispositions de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La requête a été communiquée au préfet du Puy-de-Dôme qui n'a pas produit de mémoire en défense mais des pièces qui ont été enregistrées le 9 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. L'hirondel, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues à l'article R. 776-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. L'hirondel a été entendu au cours de l'audience publique du 9 octobre 2024 à 10 h 00 au cours de laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B F alias C, né le 23 mars 1985 et de nationalité congolaise (République démocratique du Congo), est entré en France, selon ses déclarations, en 2018. Il a déposé, le 22 octobre 2018, une demande de reconnaissance du statut de réfugié qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 16 mai 2019. Cette décision de rejet a été confirmée, le 30 octobre 2019, par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Par un arrêté du 22 avril 2021, le préfet du Puy-de-Dôme a alors refusé de délivrer à l'intéressé un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination duquel il pourra être éloigné d'office à l'expiration de ce délai. La requête en excès de pouvoir déposée par M. F contre cet arrêté a été rejetée par un jugement du tribunal administratif de Clermont-Ferrand du 13 juillet 2021, confirmé par un arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon du 27 janvier 2022. N'ayant pas déféré à l'arrêté préfectoral, le préfet du Puy-de-Dôme a pris à l'encontre de l'intéressé, le 8 août 2024, un nouvel arrêté l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Le même jour, il l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Dans la présente instance, M. F demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 20 septembre 2024 par lequel cette même autorité a prolongé pour une durée supplémentaire de quarante-cinq jours son assignation à résidence.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. F alias C de prononcer l'admission provisoire de l'intéressé à l'aide juridictionnelle
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, par un arrêté du 30 mai 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, le préfet du Puy-de-Dôme a donné délégation de signature à Mme D A, cheffe du service de l'immigration et de l'intégration de la direction de la citoyenneté et de la légalité à la préfecture du Puy-de-Dôme et signataire de l'arrêté contesté, aux fins de signer l'acte attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 732-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées. ".
6. La décision contestée comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Elle mentionne notamment les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en particulier l'article L. 732-3, sur lesquelles elle se fonde. Elle précise ensuite que lors de l'interpellation et de la garde à vue de l'intéressé par les services de la police aux frontières du Puy-de-Dôme, la consultation du système biométrique national de l'application des dossiers des ressortissants étrangers en France a révélé qu'il s'agissait de M. B F et qu'il faisait l'objet d'un arrêté d'assignation à résidence pris le 8 août 2024. Le préfet du Puy-de-Dôme a alors pris la décision contestée de prolonger l'assignation à résidence aux motifs qu'étant démuni de tout document d'identité ou de voyage en cours de validité, il était nécessaire d'obtenir la délivrance d'un laissez-passer consulaire et d'organiser son voyage et que, s'il ne peut quitter immédiatement le territoire français, son éloignement peut être assuré dans un délai raisonnable. Ainsi, la décision contestée est motivée en droit et en fait. Il suit de là que le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Aux termes de l'article L. 732-3 du code précité : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable deux fois dans la même limite de durée. "
8. Par l'arrêté attaqué, le préfet du Puy-de-Dôme a, sur le fondement de ces dispositions, prolongé pour une durée de quarante-cinq jours supplémentaire l'arrêté d'assignation à résidence qu'il avait pris à l'encontre de M. F alias C par un arrêté du 8 août 2024. Le requérant ne conteste pas utilement les motifs, rappelés au point 6, par lesquels le préfet du Puy-de-Dôme a décidé de prolonger son assignation à résidence. Les circonstances qu'il ne constituerait pas une menace à l'ordre public au sens des dispositions de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui portent sur les conditions générales d'octroi d'un titre de séjour et qu'il remplirait les conditions pour se voir délivrer un tel titre sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du même code sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée prononçant la prolongation de son assignation à résidence à la suite de l'obligation de quitter le territoire français du 8 août 2024 dont il fait l'objet. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 412-5 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peuvent qu'être écartés.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. F alias C doivent être rejetées
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées ne peuvent être accueillies
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, tout ou partie de la somme que le conseil de M. F alias C demande au titre des frais exposés non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. F alias C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B F alias C et au préfet du Puy-de-Dôme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
M. E
La greffière,
N. BLANC
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026