LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2402417

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2402417

vendredi 18 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2402417
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantAD'VOCARE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 septembre 2024, M. D B, représenté par l'AARPI Ad'vocare, Me Gauché, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 23 septembre 2024 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme l'a assigné à résidence ;

2°) d'annuler la décision du 23 septembre 2024 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a prolongé l'interdiction de retour sur le territoire français prise à son encontre pour une durée supplémentaire de deux ans ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

- elle est insuffisamment motivée en ce qui concerne les perspectives raisonnables d'éloignement ;

- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation en l'absence de diligence effectuée en vue de l'exécution de la mesure d'éloignement ; l'administration a décidé de l'exécution de la mesure d'éloignement alors qu'un contexte de crise diplomatique entre la France et l'Algérie réduit les possibilités d'obtenir un laissez-passer et que les réadmissions sur le sol algérien sont refusées ; il n'existe pas de perspective raisonnable d'éloignement dès lors qu'il a bénéficié de l'implantation d'un moniteur cardiaque de type Reveal, permettant une surveillance quotidienne et rendant impossible tout déménagement ;

En ce qui concerne la décision portant prolongation de l'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur de fait dès lors que le préfet n'a pas examiné sa situation en examinant l'intérêt supérieur de ses enfants au sens de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant et que la durée de la prolongation est disproportionnée.

Le préfet du Puy-de-Dôme n'a pas produit de mémoire en défense mais des pièces, enregistrées le 15 octobre 2024.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Bentéjac, vice-présidente, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues à l'article R. 776-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 16 octobre 2024 :

- le rapport de Mme Bentéjac,

- et les observations de Me Gauché, avocat de M. B.

Le préfet n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien né le 28 janvier 1986, est entré sur le territoire français, selon ses dernières déclarations, en 2014. Par une décision du 15 septembre 2021, le préfet du Puy-de-Dôme l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Puis, par deux décisions du 9 décembre 2022, cette même autorité a adopté à son encontre une mesure d'éloignement sans délai, assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans et d'une mesure d'assignation à résidence. Ces dernières décisions ont été confirmées par un jugement du tribunal administratif de Clermont-Ferrand du 16 décembre 2022. Le 23 septembre 2024, M. B a été interpellé et placé en garde à vue par les services de la police aux frontières du Puy-de-Dôme pour des faits de " maintien irrégulier sur le territoire français après placement en rétention ou assignation à résidence, d'un étranger ayant fait l'objet d'une obligation à quitter le territoire français ". Par deux décisions du 23 septembre 2024, le préfet du Puy-de-Dôme a prolongé l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée supplémentaire de deux ans et l'a assigné à résidence dans l'arrondissement de Clermont-Ferrand pour une durée de quarante-cinq jours. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de ces deux décisions.

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

2. En premier lieu, la décision portant assignation à résidence comporte les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

3. En second lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; / () ".

4. La décision indique que l'intéressé est démuni de tout document d'identité ou de voyage, qu'il est nécessaire d'obtenir la délivrance de laissez-passer consulaire et de prévoir l'organisation matérielle de son départ. Ce faisant, et contrairement aux allégations de M. B faisant état de l'absence de diligence du préfet et de l'état des relations diplomatiques entre la France et l'Algérie, il ressort des pièces des dossiers que l'exécution de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet demeure une perspective raisonnable. En outre, la seule circonstance que le requérant bénéficie de l'implantation d'un moniteur cardiaque ne saurait caractériser une absence de perspective raisonnable d'éloignement dans le délai de quarante-cinq jours prévu par l'arrêté. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur d'appréciation doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision portant prolongation de l'interdiction de retour sur le territoire français :

5. En premier lieu, la décision en litige a été signée par Mme C A, cheffe du service de l'immigration et de l'intégration de la direction de la citoyenneté et de la légalité à la préfecture du Puy-de-Dôme, qui disposait d'une délégation de signature, établie par un arrêté du préfet du Puy-de-Dôme du 30 mai 2024 publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial, à l'effet de signer l'acte attaqué. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. () ". Il résulte des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les affectant de manière suffisamment directe et certaine.

7. M. B soutient que la décision portant prolongation de l'interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'une erreur de droit et d'un défaut d'examen au regard de la présence, en France, de ses trois enfants qui y sont scolarisés. Toutefois, la cellule familiale de M. B n'a pas vocation à s'installer en France de sorte qu'en prenant une décision prolongeant l'interdiction de retour dont il faisait l'objet, le préfet du Puy-de-Dôme n'a pas méconnu les stipulations précitées de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de fait, de l'erreur de droit et du défaut d'examen doivent être écartés.

8. En troisième et dernier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans dans les cas suivants : / 1° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai ; / () ". Selon l'article L. 612-10 dudit code, " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

9. Pour adopter la mesure de prolongation de l'interdiction de retour sur le territoire français prise à l'encontre de M. B, l'autorité préfectorale s'est fondée sur son entrée alléguée en France le 14 janvier 2014, sur l'absence de liens personnels et familiaux anciens, intenses et stables sur le territoire français, sur la circonstance que l'intéressé a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement et sur l'absence de menace pour l'ordre public que représente son comportement.

10. Il ressort des pièces du dossier que M. B, qui s'est soustrait par deux fois à l'exécution de mesures d'éloignement prises à son encontre et n'a pas respecté les obligations de présentation aux services de police. Il se maintient en situation irrégulière sur le territoire français depuis son entrée en France en 2014 ou en 2015 compte-tenu de ses déclarations changeantes. M. B est marié avec une ressortissante algérienne dont la régularité du séjour n'est pas établie. De plus, il n'est ni établi ni même allégué que ses trois filles mineures, qui ont vocation à demeurer auprès de leurs parents, ne pourraient pas poursuivre leur scolarité en Algérie. Dans ces conditions, la cellule familiale de M. B n'a pas vocation à s'installer en France et peut se reconstituer en Algérie. Par suite, compte tenu des circonstances de l'espèce, du but et de la nature réversible de cette mesure, la décision par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a prolongé l'interdiction de retour sur le territoire français prise à son encontre pour une durée supplémentaire de deux ans, portant la durée totale de l'interdiction de retour à quatre ans, n'est pas disproportionnée.

11. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés en litige. Par suite, les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, y compris les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au préfet du Puy-de-Dôme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.

La magistrate désignée,

C. BENTÉJAC Le greffier,

P. MANNEVEAU

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2402417AC

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions