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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2402418

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2402418

vendredi 18 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2402418
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantAD'VOCARE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 septembre 2024 et le 7 octobre 2024, Mme A B, représentée par l'AARPI Ad'vocare, Me Demars, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 25 septembre 2024 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a renouvelé son assignation à résidence pour une durée supplémentaire de quarante-cinq jours ;

3°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de mettre fin sans délai à la mesure de surveillance la concernant ;

4°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de procéder sans délai à la restitution de son passeport et de sa carte d'identité ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision en litige est entachée d'un vice de procédure et méconnaît le droit d'être entendu dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle a été entendue préalablement à l'édiction de la décision en litige ; le préfet n'a ainsi pas pu être informé de la plainte qu'elle a déposé le 30 septembre 2024 entre les mains du procureur de la République pour des faits commis le 4 septembre 2024 ; sa présence sur le territoire national apparaît indispensable dans le cadre de cette procédure ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences de son exécution sur sa situation personnelle dès lors qu'elle justifie d'une impossibilité objective de quitter le territoire français dans un délai raisonnable en raison de la procédure judiciaire en cours.

Le préfet du Puy-de-Dôme n'a pas produit de mémoire en défense mais des pièces, enregistrées le 15 octobre 2024.

Mme B a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 28 septembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Bentéjac, vice-présidente, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues à l'article R. 776-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 16 octobre 2024 :

- le rapport de Mme Bentéjac,

- et les observations de Me Gauché, substituant Me Demars, pour Mme B, qui précise que l'époux de la requérante bénéficie d'un titre de séjour mention " salarié " et est inséré dans la société français et ajoute que Mme B n'a pas encore été entendu dans le cadre de la plainte qu'elle a déposée.

Le préfet n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante albanaise née le 2 janvier 1987, est entrée régulièrement sur le territoire français le 13 février 2023, accompagnée de son époux et de leurs trois enfants mineurs. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 31 mai 2023 et par la Cour nationale du droit d'asile le 6 février 2024. Par une décision du 13 août 2024, le préfet du Puy-de-Dôme l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdite de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois. Par une décision du même jour, le préfet du Puy-de-Dôme l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Ces décisions ont été confirmées par un jugement du tribunal administratif de Clermont-Ferrand du 4 septembre 2024. Par une décision du 25 septembre 2024, la même autorité a renouvelé pour une durée de quarante-cinq jours supplémentaires l'assignation à résidence prononcée le 13 août 2024 à son encontre. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette décision.

2. En premier lieu, Mme B soutient qu'elle n'a pas été entendue préalablement à l'édiction de la décision en litige. Elle fait ainsi valoir qu'elle n'a pu porter à la connaissance du préfet le fait que, le 30 septembre 2024, elle a déposé une plainte entre les mains du procureur de la République de Clermont-Ferrand pour des faits commis le 4 septembre 2024. Toutefois, cette circonstance, au demeurant postérieure à la décision en litige, est sans incidence sur la légalité de la décision en litige qui ne constitue pas une mesure d'éloignement et n'a pas, par conséquent, pour effet d'éloigner la requérante du territoire français. Par suite, les moyens tirés de ce que la décision d'assignation à résidence prise à son encontre l'a été en méconnaissance de son droit à être entendu doit être écarté. Pour ces mêmes motifs, la décision n'est pas entachée d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation.

3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 7 de cette loi : " L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable, dénuée de fondement ou abusive () ". Ces dispositions ont pour objet d'éviter que soient mises à la charge de l'Etat les dépenses afférentes aux actions qui, de manière manifeste, apparaissent dépourvues de toute chance de succès.

4. Il résulte des points précédents que les conclusions présentées par Mme B l'ont été par une requête manifestement dénuée de fondement. Dès lors, et en vertu de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991, il n'y a pas lieu de lui accorder l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

5. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision en litige. Par suite, les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre des frais liés au litige.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet du Puy-de-Dôme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.

La magistrate désignée,

C. BENTÉJAC Le greffier,

P. MANNEVEAU

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2402418AC

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