vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2402428 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | TOUABTI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 septembre 2024 et le 15 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Touabti, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 septembre 2024 par lequel le préfet du Cantal l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
2°) d'annuler l'arrêté du 24 septembre 2024 par lequel le préfet du Cantal l'a assigné à résidence sur la commune de Riom-ès-Montagnes pour une durée de quarante-cinq jours avec obligation de présentation trois fois par semaine à la gendarmerie de Riom-ès-Montagnes ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 600 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne les moyens communs :
- les arrêtés sont entachés d'incompétence ;
- ils sont insuffisamment motivés ;
- ils sont entachés d'une erreur de droit, d'une erreur manifeste d'appréciation et d'un défaut d'examen particulier et sérieux de sa situation ;
- ils méconnaissent les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et de l'article 2 du protocole additionnel n° 4 à cette convention ;
En ce qui concerne la décision refusant d'octroyer un délai de départ volontaire :
- les motifs justifiant cette décision manquent en fait ; les faits allégués par l'administration ne peuvent pas caractériser un risque de fuite au sens de l'article L. 511-1 II du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour :
- elle est disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 octobre 2024, le préfet du Cantal conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Bentéjac, vice-présidente, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues à l'article R. 776-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Bentéjac a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 16 octobre 2024.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant ivoirien né le 30 juin 1997, est entré sur le territoire français, selon ses déclarations, en août 2015. Par un arrêté du 30 janvier 2023, confirmé par un jugement du tribunal administratif de Limoges du 25 mai 2023 et un arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux du 9 avril 2024, le préfet de la Corrèze a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Le 6 août 2024, M. A a sollicité auprès des services de la préfecture du Cantal son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en qualité de parent d'enfant français. Par deux arrêtés du 24 septembre 2024, le préfet du Cantal a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans et l'a assigné à résidence sur la commune de Riom-ès-Montagnes pour une durée de quarante-cinq jours avec obligation de présentation trois fois par semaine à la gendarmerie de Riom-ès-Montagnes. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de l'arrêté en tant seulement qu'il porte obligation de quitter sans délai le territoire français et lui fait interdiction de retour sur le territoire français ainsi que de l'arrêté l'assignant à résidence.
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions en litige :
2. En premier lieu, les arrêtés en litige ont été signés par M. Hervé Demai, secrétaire général de la préfecture du Cantal, qui disposait d'une délégation de signature consentie par arrêté du préfet du Cantal en date du 9 octobre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du même jour, à effet de signer notamment tous arrêtés relevant des attributions de l'Etat dans le département du Cantal et notamment les décisions relatives aux refus de séjour, obligations de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire, interdiction de retour, décisions fixant le pays de destination et assignations à résidence. Par suite le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté.
3. En deuxième lieu, les arrêtés en litige comportent les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté. En outre, il ne ressort pas des motifs des arrêtés litigieux ni des pièces du dossier que le préfet du Cantal n'aurait pas procédé à un examen particulier et sérieux de la situation de M. A.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré sur le territoire français en 2015 sous couvert d'un visa de long séjour dont la validité est expirée depuis septembre 2016. Il réside donc en France en situation irrégulière depuis cette date. Il ressort du procès-verbal d'audition du 13 mai 2024, que M. A est célibataire. Il indique être le père d'un enfant de nationalité française sans pour autant établir cette nationalité alors que cette circonstance lui est opposée par le préfet. Le requérant a indiqué lui-même, lors de son audition, ne pas avoir vu son enfant depuis un an environ et que ce dernier est confié à la sœur de son ex compagne. En outre, le requérant n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où résident ses parents, ses trois frères et sa sœur. Dans ces conditions, eu égard à ce qu'il vient d'être dit M. A n'est pas fondé à soutenir que les décisions attaquées auraient porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et auraient ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour ce même motif, elles ne sont pas davantage entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
6. Enfin, les moyens tirés de ce que les décisions attaquées méconnaissent les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 2 du protocole n°4 additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne sont assortis d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision portant refus d'un délai de départ volontaire :
7. Le requérant se borne à soutenir que la décision lui refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire est entachée d'erreur de fait et que les risques de fuite ne sont pas caractérisés. Il n'apporte toutefois aucune autre précision à l'appui de son moyen alors que la décision indique que l'intéressé s'est soustrait à une précédente décision d'éloignement.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.
8. Pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 5 du présent jugement, et en l'absence de toute argumentation spécifique du requérant, le moyen tiré de ce que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est disproportionnée ne peut qu'être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés en litige. Par suite, les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, y compris les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Cantal.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.
La présidente de la 2ème chambre,
C. BENTÉJAC Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au préfet du Cantal, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2402428AC
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026