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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2402496

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2402496

mardi 22 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2402496
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand, saisi en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a pris acte du désistement de M. A, requérant de nationalité algérienne, qui contestait le refus implicite de renouvellement de son certificat de résidence. Le préfet du Puy-de-Dôme ayant délivré une nouvelle attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 17 janvier 2025, la condition d'urgence n'était plus caractérisée. En conséquence, le tribunal a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur les conclusions principales de la requête. La demande de frais irrépétibles présentée par M. A a été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 octobre 2024 et un mémoire enregistré le 22 octobre 2024, M. B A, représenté par l'AARPI Ad'vocare, Me Demars, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 27 septembre 2024 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a implicitement refusé sa demande de renouvellement de son certificat de résidence algérien, mention " vie privée et familiale " ;

3°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard et, dans cette attente, de lui remettre une attestation de prolongation d'instruction assortie d'une autorisation de travail dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, dans les mêmes conditions d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que :

* il existe une présomption d'urgence en matière de refus de renouvellement d'un titre de séjour ;

* son attestation de prolongation d'instruction n'est plus valide depuis le 30 septembre 2024 et elle n'a pas été renouvelée, malgré plusieurs demandes en ce sens effectuées sur le site internet de l'ANTS ou directement par voie postale ; cette situation préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation ; il est désormais en situation irrégulière sur le territoire français et s'expose à ce qu'une mesure de retenue administrative soit prise à son encontre, ce qui serait de nature à porter atteinte à sa liberté d'aller et venir ; il risque également de se voir licencier ou, à tout du moins, voir son contrat de travail suspendu, ce qui le placera en situation de précarité, en particulier compte tenu de la composition de son foyer et des ressources de celui-ci ;

- la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée est remplie dès lors que :

* elle est entachée d'un vice de procédure et méconnaît le principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu, dès lors qu'il n'est établi qu'il a été informé qu'une décision de rejet de sa demande de renouvellement pouvait être prise à son encontre ;

* elle méconnaît les stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

* elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la capture d'écran produite par le préfet du Puy-de-Dôme ne démontre pas que le dossier de demande de renouvellement de titre de séjour qu'il a déposé était incomplet, dès lors qu'elle ne comporte ni son état civil, ni son identifiant AGDREF ; il a déposé un dossier complet au sens des dispositions des articles R. 431-10 et R. 431-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- les services de la préfecture du Puy-de-Dôme lui ont remis une attestation de prolongation d'instruction ; or, selon les dispositions de l'article L. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ce document n'est remis à l'étranger que lorsque ce dernier n'a déposé une demande de titre complète et dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 du même code.

Par un mémoire enregistré le 18 octobre 2024, M. A, représenté par l'AARPI Ad'vocare, Me Demars, déclare se désister de l'ensemble des conclusions de sa requête, à l'exception de celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 21 octobre 2024, le préfet du Puy-de-Dôme conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer sur la requête de M. A et, à titre subsidiaire, à son rejet.

Il soutient que :

- aucune décision implicite de rejet n'est intervenue à la date d'introduction de la requête ; le dossier de M. A est incomplet et il en a été informé le 1er juillet 2024 ; l'intéressé n'a produit la pièce nécessaire à la complétude de son dossier que le 17 juillet 2024 ; dès lors, une décision implicite de rejet ne peut naître qu'à compter du 17 novembre 2024 ; en outre, M. A n'a déposé sa demande de renouvellement de titre de séjour que le 27 mai 2024 alors que la validité de son précédent titre expirait le 12 juillet 2024 ; ce dépôt hors-délai, au regard des dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est de nature à expliquer le retard pris par l'administration dans le traitement de son dossier ; M. A s'est vu délivrer de multiples attestations de prolongation d'instruction, dont la dernière est valable du 18 octobre 2024 au 17 janvier 2025 ;

- la condition d'urgence n'est pas remplie en l'espèce, M. A étant en possession d'une attestation de prolongation d'instruction lui permettant de travailler.

Vu :

- la requête enregistrée le 7 octobre 2024 sous le n° 2402488 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision en litige ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, qui s'est tenue le 22 octobre 2024 à 9 h 30, Mme C a lu son rapport.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant algérien, est entré en France sous couvert d'un passeport et d'un visa de type " C ", valable du 26 octobre 2022 au 23 avril 2023. Après s'être vu délivré un certificat de résidence algérien, mention " vie privée et familiale " valable du 13 juillet 2023 au 12 juillet 2024, l'intéressé a sollicité le renouvellement de son titre de séjour le 27 mai 2024 auprès de la préfecture du Puy-de-Dôme. Le 1er juillet 2024, le préfet du Puy-de-Dôme a délivré à l'intéressé une attestation de prolongation d'instruction et l'a informé dans le même temps que son dossier de demande de renouvellement était incomplet. M. A a délivré aux services de la préfecture du Puy-de-Dôme la pièce manquante pour la complétude de son dossier le 17 juillet 2024. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision née le 27 septembre 2024 du silence gardé par le préfet du Puy-de-Dôme sur sa demande de renouvellement de titre de séjour.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Par un mémoire, enregistré le 18 octobre 2024, M. A déclare se désister des conclusions aux fins d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, de suspension, d'injonction et d'astreinte de sa requête. Ce désistement partiel étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les frais de l'instance :

3. Dans les circonstances de l'espèce, telles que rappelées ci-dessus, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions aux fins d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, de suspension, d'injonction et d'astreinte de la requête de M. A.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet du Puy-de-Dôme.

Fait à Clermont-Ferrand, le 22 octobre 2024.

La présidente,

S. C

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

No 2402496

zr

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