jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2402510 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 octobre 2024, M. B A D, représenté par Me Baron, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au directeur du centre hospitalier de Riom et au directeur du centre de détention de Riom, à garantir sans délai et de manière effective, la présence d'une auxiliaire de vie spécialisée et quotidienne pour l'assister à faire sa toilette et le ménage de sa cellule ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Riom et du centre de détention de Riom une somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est caractérisée dès lors que lors qu'en dépit de demandes réitérées, il n'a pu obtenir d'aide à domicile pour les gestes quotidiens, ce qui ne lui permet pas, compte tenu de son état de santé, de pouvoir exécuter sa peine dans des conditions respectant le droit de ne pas être soumis à des traitements inhumains et dégradants ;
- il est porté atteinte à une liberté fondamentale, en l'occurrence le droit de ne pas être soumis à des traitements inhumains ou dégradant.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Clermont-Ferrand a désigné M. E, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A D demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au directeur du centre hospitalier de Riom et au directeur du centre de détention de Riom, à garantir sans délai et de manière effective, la présence d'une auxiliaire de vie spécialisée et quotidienne pour l'assister à faire sa toilette et le ménage de sa cellule.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes des dispositions de l'article L. 511-1 du même code : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire () ". Enfin, aux termes de son article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
4. D'autre part, aux termes de son article L. 522-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale ". Aux termes de son article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
5. En application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les dispositions de l'article L. 522-1 de ce code relatives à la procédure contradictoire et à la tenue d'une audience.
6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. A D, qui est incarcéré au centre de détention de Riom, souffre de différentes pathologies pour lesquelles, par une ordonnance du 11 mai 2023, une aide à domicile pour la toilette et le ménage lui a été prescrite. Si le requérant allègue avoir sollicité, en vain, pouvoir bénéficier de cette aide à domicile, il ressort du courriel du directeur du centre pénitentiaire de Riom du 6 août 2024 adressé à son conseil, que le requérant avait renoncé à cette prestation en octobre 2023 et lorsqu'il avait été transféré au centre pénitentiaire d'Aix-Luynes du 14 décembre 2023 au 1er février 2024. Il n'a, à nouveau, sollicité cette prestation qu'à son retour à Riom. Par ce courriel, le directeur informait, également, son conseil, que l'intéressé pourrait être pris en charge à compter du début du mois de septembre 2024. M. D n'a présenté sa requête que le 8 octobre 2024 sans faire état d'une dégradation de son état de santé qui rendrait urgente l'assistance d'une aide à domicile. Dans ces conditions, les circonstances invoquées par M. D ne suffisent pas à caractériser une situation d'urgence nécessitant l'intervention du juge des référés dans un délai de quarante-huit heures. Par suite, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. D.
7. Le centre hospitalier de Riom et le centre de détention de Riom n'ayant pas la partie de qualité perdante dans la présente instance, les conclusions présentées par M. D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A D.
Copie en sera adressée, pour information, au ministre de la justice et au centre hospitalier de Riom.
Fait à Clermont-Ferrand, le 10 octobre 2024.
Le juge des référés,
M. E
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026