vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2402517 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 et 10 octobre 2024, M. C F et Mme A E, représentés par l'AARPI Ad'vocare, demandent au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de les admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de produire au contradictoire l'historique des appels passés auprès du SIAO de Clermont-Ferrand, par extraction du système d'information " SI-SIAO " ;
3°) d'enjoindre au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de procéder à leur mise à l'abri dans un centre d'hébergement d'urgence pour demandeur d'asile (HUDA) ou dans un centre d'accueil pour demandeur d'asile (CADA) dans un délai de vingt-quatre heures suivant la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, subsidiairement, d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de leur attribuer une place d'hébergement au titre du dispositif d'hébergement d'urgence dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII ou de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, si le bénéfice de l'aide juridictionnelle devait leur être refusé, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que
- il est urgent de remédier à leur situation dès lors que depuis l'enregistrement de leurs demandes d'asile le 24 septembre 2024, ils sont exposés à la rue dans un contexte où les températures nocturnes sont froides et qu'ils rencontrent des problèmes de santé liés au froid et au manque d'hygiène ainsi que des problèmes psychologiques ; en outre, M. F justifie d'une situation de vulnérabilité, connue de l'administration, pour présenter un syndrome post-thrombotique ; enfin, ils sont placés dans une situation de précarité ;
- il a été porté une atteinte grave et manifestement illégale à leurs droits fondamentaux, en l'occurrence au droit à des conditions matérielles d'accueil décentes, au droit de ne pas subir de carence caractérisée dans le cadre de l'hébergement d'urgence et au droit de ne pas être soumis à des traitements inhumains ou dégradants ; l'incapacité de l'OFII à leur proposer une solution d'hébergement pour demandeur d'asile constitue une carence caractérisée dans l'accomplissement de la tâche qui lui a été confiée à savoir celle de coordonner " la gestion de l'hébergement dans les lieux d'hébergement " alors qu'il n'est pas établi que, depuis le 24 septembre 2024, l'OFII ait accompli régulièrement des diligences afin de rechercher une place d'hébergement ; de plus, en dépit de leurs appels passés auprès du SIAO de Clermont-Ferrand, ils n'ont bénéficié d'aucune orientation vers un lieu d'hébergement d'urgence ; la condition de gravité des atteintes ainsi portées doit être regardée comme remplie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration, représenté par son directeur général, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition tenant à l'urgence n'est pas remplie dès lors que l'Office est confronté à une saturation du dispositif national d'accueil et procède aux orientations des demandeurs d'asile en fonction de leur situation personnelle et selon le nombre de places disponibles ; en tout état de cause, les requérants n'établissent pas un besoin urgent d'adaptation et ils bénéficient de l'allocation pour demandeur d'asile majorée à compter de l'enregistrement de leurs demandes d'asile ;
- la condition liées à l'atteinte grave et manifestement au droit d'asile n'est pas davantage satisfaite.
Le préfet du Puy-de-Dôme a produit un mémoire en production de pièces enregistré le 11 octobre 2024 à 10h 46.
Par un mémoire enregistré le 11 octobre 2024 à 11h 32, M. C F et Mme A E déclarent se désister de leurs conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative mais maintenir leur demande d'aide juridictionnelle et leurs conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. F et Mme E ont déposé une demande d'aide juridictionnelle le 10 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991.
La présidente du tribunal administratif de Clermont-Ferrand a désigné M. D, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu, au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 11 octobre 2024 à 14h 30.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. F et Mme E, ressortissants géorgiens, sont entrés sur le territoire français le 20 septembre 2024 et ont déposé le 24 septembre suivant une demande de reconnaissance de statut de réfugiés auprès des services de la préfecture du Puy-de-Dôme qui a enregistré leur demande le même jour. Ils ont été convoqués, ce même jour, auprès des services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et un entretien de vulnérabilité a été effectué. A l'issue de cet entretien, une offre de prise en charge leur a été notifiée et le bénéfice de l'allocation pour demandeur d'asile (ADA) leur a été octroyé. Aucune orientation vers un lieu d'hébergement pour demandeur d'asile ne leur a, en revanche, été proposée. Les intéressés déclarent se trouver dès lors, après avoir sollicité en vain leur hébergement auprès du SIAO de Clermont-Ferrand sans domicile et à la rue alors que M. F souffre de problèmes de santé, en l'occurrence un syndrome post-thrombotique. M. F et Mme E demandent au juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de procéder à leur mise à l'abri dans un centre d'hébergement d'urgence pour demandeur d'asile (HUDA) ou dans un centre d'accueil pour demandeur d'asile (CADA), ou subsidiairement, d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de leur attribuer une place d'hébergement au titre du dispositif d'hébergement d'urgence.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. F et Mme E au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
4. Par un mémoire, enregistré le 11 octobre 2024, M. C F et Mme A E déclarent se désister de leurs conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative dans la mesure où une place d'hébergement d'urgence leur a été réservée par le préfet du Puy-de-Dôme. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les frais liés au litige :
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat ou de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme demandée par les requérants en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : M. F et Mme E sont admis, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. F et Mme E sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. F et de Mme E est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. F et Mme E, au préfet du Puy-de-Dôme et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Fait à Clermont-Ferrand, le 11 octobre 2024.
La juge des référés,
M. D
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026