jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2402575 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 14 et 16 octobre 2024, M. D C N'da doit être regardé comme demandant au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de réexaminer son dossier de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement dans les plus brefs délais à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.
Il soutient que :
- il a entamé les démarches nécessaires pour obtenir le renouvellement de son titre de séjour avant qu'il n'arrive à expiration, toutefois, son dossier a été clôturé par la préfecture sans qu'une décision de rejet ne lui soit notifiée ou qu'une solution alternative ne lui soit proposée ; il lui est impossible de présenter une nouvelle demande de renouvellement de son titre car depuis que son dossier a été clôturé, il ne peut plus accéder au site internet de l'ANEF ; il a contacté en vain, à plusieurs reprises la préfecture du Puy-de-Dôme pour obtenir des informations supplémentaires quant à la clôture de son dossier et la possibilité de régulariser sa situation administrative ;
- cette situation lui est préjudiciable tant sur le plan professionnel que personnel : il risque de perdre ses droits au travail, sa liberté d'aller et venir ainsi que son droit au séjour.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif a désigné Mme B, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
3. M. N'da, ressortissant ivoirien, indique avoir déposé en ligne, le 16 avril 2024, une demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention membre de la famille d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire. En raison d'un dysfonctionnement informatique, il indique que son dossier a été " clôturé " et qu'il ne peut plus en solliciter le renouvellement. Il demande ainsi au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de réexaminer son dossier de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement dans les plus brefs délais.
4. Pour justifier d'une urgence particulière rendant nécessaire l'intervention, dans un délai de quarante-huit heures, du juge des référés statuant sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, le requérant se borne à soutenir qu'il risque de perdre son travail, que la décision porte atteinte à sa liberté d'aller et venir et à son droit au séjour. Toutefois, les circonstances dont il fait état, si elles sont susceptibles de justifier la saisine du juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ne caractérisent pas une situation d'urgence particulière impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale soit prise dans un très bref délai de quarante-huit heures.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doivent être rejetées selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 précité du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. N'da est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D C N'da.
Fait à Clermont-Ferrand, le 17 octobre 2024.
La juge des référés,
C. B
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2402575
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